Les ventes d’art sur le net ont le vent en poupe
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Les ventes d’art sur le net ont le vent en poupe

Le marché de l’art est en passe de réussir sa transformation numérique. Zoom sur ce nouveau relais de croissance pour les acteurs de l’art.

La digitalisation de la vente d’œuvres d’art continue sa progression. D’après les chiffres collectés par le rapport Hiscox 2016 sur la digitalisation du marché de l’art, ce marché affiche une croissance insolente à deux chiffres sur les douze derniers mois : 24% d’augmentation, pour un total de 3,27 milliards de dollars. Si cette tendance se poursuit, les ventes d’art en ligne pourraient atteindre 9,58 milliards de dollars d’ici 2020.

Un volume important de transactions

Ce marché enregistre un volume très significatif de transaction. La grande majorité des transactions concerne des montants inférieurs à 10.000 dollars. Cependant la tendance connaît des exceptions fameuses. En mars 2014, la plateforme de vente de gré à gré ArtViatic a enregistré un beau record avec la vente d’un tableau Chagall pour 1,83 million de dollars. Sur son catalogue général les œuvres vont de 20.000 à 150.000 euros. Au-delà, les œuvres sont réservées au catalogue premium, accessible sur abonnement.

Les acteurs traditionnels investissent le net

Si les acteurs historiques de ce e-marché sont bien présents, les marchands et maisons de vente ont désormais largement investi ce nouveau marché, espérant sans doute y trouver un relais de croissance bienvenu. En 2016, le montant des ventes en ligne enregistré par Sotheby’s a ainsi dépassé 100 millions de dollars et Christie’s affiche une croissance de 11% de ses ventes numériques. Ces grandes maisons savent faire le buzz avec des ventes exclusives pour le net comme la vente Return on the Ngo, une vente d’objets Star Wars organisée par Sotheby’s ou la vente des bijoux d’Elisabeth Taylor. Le modèle du « click and buy » continue à se diffuser peu à peu. Ainsi 26% des galeries interrogées par Hiscox envisagent désormais de s’associer à une plateforme de e-commerce. Elles n’étaient que 15 % à y réfléchir en 2013.

La génération Y constitue une cible de choix pour les acteurs du e-marché de l’art.

Qui sont les e-collectionneurs ?

Les observateurs du marché s’accordent à souligner l’impact de la génération Y sur ce marché. Ces digital natives, habitués à acheter sur le net y compris des produits de luxe, ont naturellement le réflexe de prendre leur smart phone ou leur tablette pour rechercher des informations sur la cote d’une œuvre d’art ou chiner une édition originale. Ils constituent donc des cibles de choix pour les acteurs du e-marché de l’art.

En 2016, 43% des jeunes acheteurs d’art ont déclaré avoir acheté des œuvres d’art directement en ligne. La génération des baby-boomers est également très présent : ils visitent fréquemment les sites de vente d’art en ligne et achètent régulièrement pour des montants élevés.

Des freins à lever

Ce nouveau vecteur permet de démocratiser l’achat d’art et d’attirer des primo-acquérants qui auraient pu hésiter à franchir le seuil d’une galerie où à enchérir dans le cadre d’une vente aux enchères classique.

À titre d’exemple, pour les e-ventes de Sotheby’s, 32% de ces acheteurs en ligne n’avaient jamais acheté chez Sotheby’s auparavant. Toutefois, pour qu’internet fonctionne comme un véritable levier de croissance, des freins restent à lever. L’impossibilité de pouvoir voir et authentifier l’œuvre peut décourager les candidats à l’achat. A cet égard les acteurs reconnus du marché ont une carte à jouer car leur nom fonctionne comme un gage de confiance pour le collectionneur.

Enchères physiques et virtuelles, les canaux de vente se renforcent mutuellement. Un record d’enchères en ligne a été enregistré par une édition de l’ouvrage « The birds of America » de l’ornithologue James Audubon, vendu pour 3,5 milliards de dollars par Sotheby’s.

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