Les théâtres suscitent l’engouement des grands patrons

Après s’être offert le Théâtre de Paris en 2013 et la Michodière en 2014 le site de commerce en ligne vente-privee.com a racheté, au printemps dernier, le théâtre des Bouffes-Parisiens. Il n’est pas le seul à s’intéresser à ces salles de spectacle, essentiellement parisiennes. Dans ce domaine Marc Ladreit de Lacharrière (Groupe Fimalac) s’est particulièrement bien positionné. Ainsi, depuis 2015, il a racheté la concession de la Salle Pleyel, du théâtre Marigny, de Comedia, de la Madeleine et de la Porte-Saint-Martin ! Il y a quelques mois, Vincent Bolloré (groupe Vivendi) a quant à lui fait l’acquisition du théâtre de l’OEuvre.

Si le phénomène s’est intensifié ces dernières années, il n’est pas nouveau. En 2004, l’homme d’affaires bordelais Jean-Manuel Bajen rachetait le théâtre des Variétés. De son côté, Jean-Marc Dumontet acquérait le Point Virgule en 2006, Bobino en 2010, le Théâtre Antoine avec Laurent Ruquier en 2011, les Folies Bergère avec le groupe Lagardère la même année et créait le Grand Point Virgule en 2012.

Pour ces groupes financiers, l’acquisition de théâtre est avant tout stratégique.

Instrument d'influence ou investissement lucratif ?

À l’heure où la fréquentation stagne, ces lieux attirent quand même les grands patrons. En effet, selon le Syndicat national du théâtre privé, après une forte chute fin 2015 (-35% due en partie aux attentats de Paris) ayant entraîné une baisse de leur chiffre d’affaires, la fréquentation des théâtres privés s’est stabilisée fin 2016. Pour autant, leur situation financière reste très fragile, compte tenu notamment de la diminution des subventions publiques.

Pour ces groupes financiers, l’acquisition de théâtre est avant tout stratégique. En effet, ces derniers possèdent des activités culturelles ou de billetterie et ces nouveaux investissements leur permettent de nouer des partenariats économiquement pertinents. Par exemple le site vente-privee.com ne cache pas sa volonté de poursuivre les synergies entre ses activités de billetterie, de promotion et de coproduction. Avec ces acquisitions, les groupes cherchent donc plus à consolider leur position dans le secteur de l’entertainment, qu’à réaliser des profits sur ces salles.

Des coûts de fonctionnement élevés

Le prix d’achat d’un théâtre est relativement élevé. À titre d’exemple, la Michodière aurait été cédée près de 4 millions d’euros et le théâtre des Variétés environ 5 millions d’euros. Leurs coûts de fonctionnement sont aussi importants. Ces derniers comprennent les cachets des comédiens, le loyer, les salaires et l’électricité. Une pièce engendre également des dépenses importantes pour financer le décor, les répétitions, les costumes ou la publicité. Malgré ces coûts, ces salles de théâtre permettent aussi et surtout de faire émerger de jeunes talents, une richesse inépuisable…

Le saviez-vous ?

Le Fonds de soutien du théâtre privé compense une partie des pertes en cas d’échec d’une pièce en leur garantissant le remboursement de 40% de leur déficit. Ce fonds est financé par une taxe perçue par l’Etat ou la Ville de Paris prélevée sur chaque billet vendu.