Succès de la French Tech : focus sur 3 transactions

L’attractivité des pépites de la nouvelle économie française ne se dément pas. Parmi les transactions intervenues en fin d’année, 3 opérations sont représentatives de leur succès au-delà de nos frontières.

L’exemple surprenant de Deezer

Le site de musique en streaming est l’une des belles réussites de ces 10 dernières années. A tel point que Deezer a rêvé un temps de s’introduire en Bourse et d’y lever 300 millions d’euros. Cette opération aurait porté la valorisation de l’entreprise entre 900 millions et 1,1 milliard d’euros, un niveau peu réaliste selon les analystes. L’entreprise n’était pas rentable (Ebitda négatif en 2015) et l’application d’un multiple de 7 fois le chiffre d’affaires éloignée des standards habituels. N’arrivant pas non plus à séduire les investisseurs, le projet d’IPO est abandonné deux semaines seulement après son annonce.

La FrenchTech s’est finalement tournée vers ses investisseurs déjà présents au capital, son actionnaire historique, Orange et son actionnaire principal Access Industries, société de l’homme d’affaires Len Blavatnik (propriétaire de Warner Music). Les deux entreprises ont réinjecté 100 millions d’euros. Une valorisation qui correspond mieux aux performances de l’entreprise, et qui permet à Deezer de financer son développement et ses investissements.

Captain Train, la FrenchTech devenue britannique

L’exemple de Captain Train est révélateur de la reprise, par un concurrent, d’une entreprise arrivée à maturité. La start-up française, dont la plate-forme permet de réserver des billets de train partout en Europe a été acquise par son concurrent britannique Trainline pour la somme de 200 millions d’euros. Le montant en fait l’une des 10 plus grosses acquisitions de start-up françaises de ces 5 dernières années, valorisant l’entreprise 5 fois plus que 18 mois auparavant. Avec cette opération, l’entreprise britannique change de dimension, se déployant sur le continent dont le réseau ferré est très développé. Captain Train, déjà présent dans 19 pays européens, donne ainsi à Trainline un accès direct au marché européen.

Le saviez-vous ?

L’année 2016 est une année record pour la FrenchTech, tant en terme de croissance d’opérations (368 en 2016, contre 215 en 2015) qu’en volume (1507 millions de dollars, contre 1253 millions de dollars en 2015) pour le troisième trimestre 2016. Les fonds alloués à la FrenchTech en capital risque se sont élevés à 857 millions de dollars. Paris s’impose comme le principal challenger de Londres, creusant l’écart avec Berlin. Sur les neuf premiers mois de l’année, les investissements ont cru de 71% par rapport à la même période en 2015.
Source : La French Tech et CB insight

Talend, l’exemple à suivre

Le parcours de Talend est une exception pour une FrenchTech : l’éditeur de logiciel de « Big Data » s’est introduit en Bourse l’an dernier, sur le Nasdaq, le haut lieu de la cotation des start-ups les plus abouties. Une expérience partagée jusqu’à présent par seulement 5 entreprises françaises ! Le marché américain a apprécié cette pépite française, le titre gagnant près de 30% le premier jour de sa cotation le 30 juillet dernier. Plusieurs sociétés de gestion, comme Fidelity ou T Rowe, ont été séduites par ce nouveau venu.

Pourquoi un tel succès ? Le potentiel de croissance de la société française a vu son chiffre d’affaires passer de 76 millions en 2014 à 100 millions d’euros en 2015. Et surtout Talend propose un modèle de croissance validé par l’expérience. Fondé sur l’abonnement, ce modèle le différencie, de ses concurrents que sont les mastodontes Oracle ou IBM. Et la société a déjà une feuille de route pour sa croissance externe, avec l’acquisition de sociétés dont les technologies viendraient compléter sa gamme de produits.