Développement : leadership en France ou internationalisation ?

Le développement d’une start-up passe avant tout par une stratégie clairement définie avec des ambitions nationales voire internationales.

Devenir leader de son marché domestique : l’exemple de Finexkap

Créée en 2012 par Cédric Teissier et Arthur de Catheu, Finexkap propose un service simple : transformer les factures en trésorerie, autrement dit de l’affacturage. La nouveauté de ce service traditionnel consiste à le proposer sur Internet et à des petites entreprises. Finexcap place les créances dans un fonds de titrisation, qui lui permet d’avancer les montants des factures. L’originalité se révèle dans un service à la demande, sans engagement, ni caution personnelle du dirigeant. L’autre différence par rapport à ses concurrents se trouve dans les coûts. Finexkap prélève une commission de 2,49% de la valeur de la facture et non un pourcentage sur le chiffre d’affaires.

Face aux mastodontes de l’affacturage, filiales de banques, la société a réussi à s’imposer dans le paysage auprès des entreprises… Et plus particulièrement auprès de celles en phase de démarrage, ne pouvant pas faire appel aux grosses structures. Grâce à une approche entièrement dématérialisée, et une tarification concurrentielle, l’entreprise s’est différenciée. Tout en se concentrant sur son marché, la start-up est devenue le numéro un sur sa niche. D’autres entreprises l’ont suivie mais elles sont arrivées après que Finexkap soit devenu prédominant en France dans l’affacturage en ligne pour les TPE.

Si pour l’instant seulement 18 millions d’euros ont été financés, l’entreprise vise « plusieurs milliards d’euros d’ici à 2019 ». Comment ? En optant pour une stratégie de plateforme, au travers de partenariats avec des organisations professionnelles notamment. Par exemple, en vertu du partenariat développé avec le Conseil supérieur de l’ordre des experts comptables, les experts-comptables peuvent constituer un dossier de cession de factures pour le compte de leurs clients, en quelques minutes grâce à une interface dédiée.

Les secrets de la réussite ? Un produit de niche, un modèle facilement transposable, un esprit d’innovation et une communication locale efficace.

Développement à l’international : l’exemple de Blablacar

Créée en 2004, sous le nom covoiturage.fr, la société BlaBlaCar est désormais leader en Europe du service de covoiturage et est présent dans près de vingt pays dans le monde. La société a mis 4 ans à trouver ses marques en France, à s’organiser et à tester le produit, le tout sans avoir eu besoin de lever des fonds. Le développement lent et l’installation dans le paysage français lui ont permis de lancer son offre en Espagne en 2009, une internationalisation souhaitée dès le départ par les créateurs.

L’accélération en Europe intervient en 2011, puis dans d’autres pays comme la Russie, l’Ukraine ou encore le Brésil, où le marché du covoiturage est quasi-inexistant. Exporter un modèle qui fonctionne dans d’autres pays est un gage de réussite sur des marchés vierges, notamment quand le produit est difficile à lancer, le modèle et le service n’existant pas de manière organisée dans les pays visés.

Le fait d’avoir développé son modèle en France avant de l’exporter a permis au groupe de prendre son temps et d’affiner son offre pour démultiplier le modèle ailleurs. Cette réussite lui a permis en 2014 de lever 100 millions d’euros, pour investir sur de nouveaux marchés, comme la Russie, l’Ukraine ou le Brésil. L’entreprise a choisi alors de s’installer dans le paysage par le biais d’acquisitions de sites locaux, profitant ainsi d’équipes déjà opérationnelles. Les secrets de la réussite ? Un produit de niche, un modèle facilement transposable, un esprit d’innovation et une communication locale efficace.