Start-ups : comment sont-elles représentées

Sous la bannière start-ups et entreprises du web, le spectre est vaste. Entre la petite structure qui ne transformera pas sa bonne idée et celle qui deviendra une référence hexagonale, la population d’entreprises n’est pas homogène. Elles n’en partagent pas moins des problématiques spécifiques : financement, compétences, innovation, agilité, développement. Leurs patrons ont peu à voir avec les patrons de PME traditionnelles. Faute de se reconnaître dans les organisations syndicales patronales existantes, la nouvelle génération s’est vite trouvé un porte-parole.

Du Mouvement des Pigeons…

En octobre 2012, le gouvernement avait annoncé le durcissement la taxation des plus-values de cession de titres par leur intégration au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Start-uppers et business angels avaient pris de plein fouet cette mesure freinant l’investissement en faisant passer la taxation de 34,5% à plus de 60%.
La riposte s’est progressivement organisée. Ainsi, le mouvement des Pigeons est né sous l’impulsion de trois entrepreneurs : Olivier Mathiot (PriceMinister), Jean-David Chamborédon (ISAI Gestion) et Marie Ekeland (Elaia Partners). Au nom des 75 000 entrepreneurs en colère, le trio a multiplié les démarches auprès des parlementaires et du Gouvernement qui finit par reculer.
En avril 2013, lors des Assises de l’entrepreneuriat, François Hollande promet des aménagements. Ils seront entérinés par la loi de Finances pour 2014 et appliqués rétroactivement à l’année 2013. Les revendications sont entendues : prise en compte de la durée de détention et régime spécifique pour les cessions de titres d’entreprise innovante. Un « sauvetage » opéré au prix d’une année d’insécurité fiscale, des deals gelés et le goût amer d’une mauvaise compréhension, par les pouvoirs publics, du rôle de ces acteurs du développement économique.

…à l’association France Digitale

À l’image d’une start-up, le secteur s’est organisé très vite. L’association France Digitale est créée en 2012 représentant à parts égales les investisseurs et entrepreneurs du web. Son objectif était de créer des ponts entre les créateurs de start-up du net et les détenteurs de capitaux (business angels et capitaux-risqueurs), pour faire naitre les géants français du web de demain.
Bien entendu, il s’agit également de poursuivre le travail de lobbying auprès des pouvoirs publics. Si son ADN reste le combat fiscal, l’organisation étend ses revendications à l’adaptation du droit du travail, son dernier cheval de bataille. Forte de ses 700 adhérents, l’association n’a pas de concurrent. Il faut dire que l’écosystème est éclaté, et il n’est pas évident de se structurer sans s’appuyer sur de grosses structures pérennes.

Faute de se reconnaître dans les organisations syndicales patronales existantes, la nouvelle génération s’est vite trouvé un porte-parole.

Des initiatives sectorielles

En parallèle, des représentations par secteur émergent. France eHealthTech regroupe 59 startups françaises de l’e-santé pour créer une filière du numérique en santé. France FinTech, parle au nom de 36 startups pour promouvoir et représenter l’innovation financière, France Blocktech représente les blockchainpreneurs et de leurs partenaires (distributed ledger technology & monnaies numériques).

Le saviez-vous ?

Dans le sillon des Pigeons, sont apparus les Moineaux : 80 jeunes entrepreneurs, incarnés par Benjamin Suchar, fondateur de Yoopies et CheckMyMetro. Si le mouvement a soutenu Les Pigeons initié par leurs aînés, il leur a toutefois reproché un manque de représentativité et a considéré que la focalisation du débat sur la question des plus values a masqué d’autres revendications fortes telles que (entre autres):
. dynamiser, promouvoir, remettre au gout du jour l’esprit d’entrepreneuriat
. faire prendre conscience aux pouvoirs publics (notamment, mais aussi à l’opinion) de l’atout que représente pour un pays le fait d’avoir un vivier/gisement de jeunes et petites entreprises innovantes
. le tout sans marquer d’aucune tendance politique cette notion de dynamisme entrepreneurial, histoire d’attirer le plus grand nombre d’énergies et encourager le plus largement possible cette mouvance positive….