La sélection des galeries, enjeu majeur des foires
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La sélection des galeries, enjeu majeur des foires

Pour la Fiac ou pour Art Paris, directeurs et comités de sélection « font » la foire en garantissant aux visiteurs à la fois la qualité et le renouvellement des exposants. Dans un contexte de concurrence mondiale accrue, ils sont l'une des cartes maîtresses de ces événements.

Si les collectionneurs sont attirés par les grandes foires d’art contemporain c’est parce qu’ils ont sur un même plateau, accessible en quelques heures, l’offre choisie d’une centaine de galeries. Cependant, cet argument de commodité ne suffit pas. C’est avant tout la réputation de la foire et le choix des exposants.

Le Comité de galeristes

Cette sélection qui rassure les futurs acheteurs repose sur la personnalité à la tête de la foire, Jennifer Flay pour la Fiac en octobre dernier et Guillaume Piens pour la dernière édition d’Art Paris en mars. Ils s’appuient sur des comités de marchands. Ses membres peuvent siéger deux années de suite, être reconduits une fois, mais une partie d’entre eux est régulièrement renouvelée.

Au sein du comité de la Fiac en 2017, très international, figurent : Olivier Antoine (Art : Concept, Paris), Gisela Capitain (Capitain Petzel, Berlin), Mark Dickenson (Neue Alte Brücke, Frankfurt), David Fleiss (Galerie 1900-2000, Paris), Solène Guillier (gb agency, Paris), Jan Mot (Jan Mot, Brussels, Mexico), Emmanuel Perrotin (Galerie Perrotin, Paris, New York, Hong Kong, Séoul) et Christophe Van de Weghe (Van de Weghe, New York).

Celui d’Art Paris se distingue par la présence des collectionneurs : Jean-François Keller et Marie-Ange Moulonguet aux côtés des galeristes Carina Andres Thalmann (Galerie Andres Thalmann, Zurich), Alain Chiglien (Galerie Nec Nilsson et Chiglien, Paris), Ernst Hilger (Galerie Ernst Hilger, Vienne), Diane Lahumière (Galerie Lahumière, Paris).

Les candidatures passées au crible

Les comités décortiquent chaque dossier de candidature. CV de la galerie, artistes sélectionnés, œuvres proposées et équilibre de l’offre entre les stands. Ils regardent également, les activités de l’enseigne et l’accompagnement de leurs créateurs et leur actualité : expositions monographiques dans leurs murs ou muséales, participation à des biennales d’art contemporain…

Si bon nombre de poids lourds sont assurés de revenir l’année suivante, il n’en est pas de même pour tous. Les refus suscitent parfois des protestations parmi les recalés.

La Fiac doit aussi composer avec des contraintes d’espace. Elles l’ont amenée ces dernières années à se projeter hors les murs et à créer une extension, principalement dans la Cour Carrée du Louvre puis à travers la foire OFFICIELLE à la Cité de la Mode et du Design en bord de Seine. Trop excentrée, celle-ci n’a duré que deux saisons. En 2016, Jennifer Flay a innové en intégrant le Petit Palais avec des œuvres disséminées dans les collections permanentes du musée, mais aussi en investissant les 300 mètres carrés du salon Jean Perrin au Grand Palais.

Une sélection tournée vers l'international

La place décroissante accordée aux enseignes nationales est un reproche fait à la Fiac. Celle-ci était de 37% en 2008, mais de 28% seulement pour l’édition de 2016. En dépit de ces critiques, l’action de Jennifer Flay a été saluée pour avoir su enrayer le déclin de la Fiac en l’internationalisant davantage et en relevant la qualité de ses stands…

Art Paris serait, quant à elle, plus ouverte à d’autres horizons et saurait refléter l’offre asiatique notamment ou la production africaine, objet d’un focus cette année avec la participation de galeries issues de ce continent.

Avec la multiplication des foires off (dont la nouvelle Galeries lancée en décembre par Stéphane Corréard) mais aussi les propositions toujours plus nombreuses des autres capitales, les grandes manifestations nationales ne risquent pas de relâcher leur sélectivité, si elles veulent garder leur rang.

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