Le rôle et l’influence des acteurs du marché de l’art

La presse est traditionnellement friande de nouveautés et de records. Les effets de médiatisation ne manquent pas : « redécouverte » par le marché d’un artiste tombé dans l’oubli, résultats incroyables obtenus en ventes aux enchères par un peintre, un ébéniste, un designer ou un style de mobilier… Avec cet engouement, les prix s’envolent et résultent de l’action combinée de tous les acteurs du marché de l’art.

Les galeries et antiquaires comme moteur

À l’origine du succès d’un artiste ou de l’engouement pour le style d’une époque, il y a souvent un professionnel. Ainsi, dans l’art contemporain, le galeriste est souvent à l’origine de la réussite de l’artiste qu’il recommande. En l’exposant, en le présentant lors de manifestations réputées, en éditant des ouvrages sur ses œuvres, en obtenant des articles de presse, il contribue à le faire connaître et à créer une cote. Par exemple, Damien Hirst ne serait probablement pas si célèbre sans le travail effectué par la puissante galerie Gagosian.

Les Arts déco, dont le mobilier atteint aujourd’hui des prix considérables, étaient totalement délaissés au début des années 70. Des antiquaires comme Vallois, Marcilhac ou Dutko ont, à cette époque, commencé à acheter à bas prix et à vendre ces meubles à des personnalités, prescriptrices de tendances. Ils ont également rédigé des ouvrages de référence sur les créateurs présentés dans leurs galeries et la cote de ces objets s’est alors envolée.

L’évolution d’un marché est indissociable de l’appétence des grands collectionneurs.

Les maisons de ventes comme relais

Après avoir obtenu une certaine visibilité, un artiste, un mouvement ou un style trouvent plus facilement leur place dans les salles de ventes. Celles-ci prennent le relais et confortent ou amplifient la cote. C’est le cas pour le design des années 50. Défendu par certaines galeries, le mobilier de Jean Royère (1902-1981), par exemple, jusqu’à alors stocké dans les greniers s’est vite retrouvé en salles de ventes atteignant souvent des prix supérieurs à ceux des galeries.

Par ailleurs, certaines maisons de ventes peuvent contribuer, à elles seules, à la mise en lumière d’un artiste jusqu’alors délaissé. Dans des contextes familiaux parfois complexes, elles peuvent être amenées à proposer le fonds d’atelier d’un artiste. Soutenue par une campagne de communication habile, les publications d’un expert, des expositions itinérantes, une seule vacation peut faire s’envoler la cote d’un artiste. Le dernier exemple en date : la vente au printemps 2016 de l’atelier de Bernard Boutet de Monvel (1881-1949) par Sotheby’s soutenue par la publication d’une biographie de référence par l’expert Stéphane-Jacques Addade.

L’influence des musées et des grands collectionneurs

Le marché dépend également beaucoup des institutions culturelles. En effet, elles sont prescriptrices de tendances par le biais, notamment, de leur politique d’expositions. Un exemple récent montre cette influence. Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris (MAM) consacre à Bernard Buffet (1928-1999) une importante rétrospective réhabilitant son œuvre. Les galeries profitent de cette occasion pour ressortir leurs tableaux et les particuliers confient leurs œuvres aux salles de ventes. Ainsi, l’engouement soutenu par la médiatisation de l’exposition revient et les prix grimpent.

L’évolution d’un marché est aussi indissociable de l’appétence des grands collectionneurs. Leurs achats influencent le succès d’un artiste ou d’un mouvement. Une évidence surtout pour l’art contemporain avec les choix de François Pinault ou de Bernard Arnault. Dans ce contexte, l’amateur qui souhaite créer une collection a tout intérêt à s’entourer de spécialistes qui, comme Neuflize OBC Art, maîtrisent parfaitement toutes les arcanes du marché.