Quelle stratégie de placement face à la baisse de rendement des fonds en euros ?

Les particuliers disposant d’un contrat d’assurance-vie cherchent souvent la sécurité. Dès lors, environ 80% de leurs versements sont investis sur le fonds en euros à capital garanti de leur contrat multi supports. Or, le rendement de ces fonds sécurisés ne cesse de chuter et en 10 ans, il est passé d’une moyenne de 4,20% à 2,30%. Si le contexte obligataire reste le même, cette tendance va s’accentuer au cours des prochaines années.

Un rendement sous surveillance

Le faible rendement des fonds en euros (2,30% en moyenne en 2015) est malgré tout très supérieur aux performances actuelles des obligations d’État sur lesquelles est placée très majoritairement l’épargne des assurés. En effet, les assureurs parviennent à limiter l’érosion de la rémunération servie sur ces fonds grâce aux obligations souscrites par le passé et aux réserves de plus-values constituées les bonnes années.

Cependant, ce décalage inquiète car il pourrait fragiliser la santé financière des compagnies en cas de « krach » obligataire ou à l’inverse en cas de remontée violente des rendements des obligations. Pour les contraindre à la modération, la loi « Sapin 2 » du 8 novembre 2016 prévoit que le Haut Conseil de Stabilité Financière pourra désormais interdire aux assureurs de piocher dans leurs réserves pour doper le rendement de leurs fonds en euros. Les professionnels de l’assurance semblent avoir déjà pris acte de ce nouveau cadre réglementaire. Selon la Fédération Française de l’Assurance, le rendement moyen des fonds en euros de l’assurance-vie devrait tomber sous la barre symbolique des 2% en 2016. Et ce n’est qu’un début !

Une diversification nécessaire

Face à cette nouvelle donne, les épargnants doivent repenser leur stratégie d’investissement en assurance-vie. Bien sûr, il ne s’agit pas de délaisser totalement le fonds à capital garanti de leur contrat Toutefois, une dose de diversification est désormais indispensable pour maintenir les performances du placement et compenser la baisse durable des fonds en euros. Certes les unités de compte sont des supports d’investissement risqués, sans capital garanti, mais dans la durée, les perspectives de gains sont bien supérieures.

En fonction du niveau de connaissance des marchés financiers des investisseurs, les alternatives peuvent varier. Ainsi, selon l’horizon de placement, les objectifs, le patrimoine et le profil d’acceptation du risque de l’épargnant, le choix (de préférence avec les conseils d’un conseiller financier) du montant à consacrer à cette diversification peut changer ainsi que le type ou service d’investissement. L’orientation vers certains fonds collectifs à risques ou vers une gestion sous mandat confiée à un professionnel dans le cadre d’un profil de risque mesuré, peut booster le rendement de l’épargne sans trop sacrifier la sécurité.

Le saviez-vous ?

Les assureurs vous encouragent dans cette voie. Ils sont de plus en plus nombreux à offrir un bonus sur le fonds en euros aux clients choisissant de répartir leur investissement en partie sur des supports en unités de compte.