Qu’appelle-t-on les fonds alternatifs ?

Les Fonds d’Investissement Alternatifs (FIA) font partie d’une catégorie d’investissement large, dite alternative comprenant également le capital investissement et l’immobilier. On l’appelle « alternative » car, contrairement aux OPCVM, ses performances sont totalement décorrélées des actifs traditionnels comme les produits de taux, actions et monétaires. En effet, les gérants de fonds alternatifs cherchent à profiter des écarts ou inefficiences des marchés, plutôt que de facteurs liés au sous-jacent.

Ces fonds mettent en place des stratégies d’investissement particulières qui profitent des spécificités entre les marchés. Par exemple, l’investisseur anticipe simultanément une hausse du titre Peugeot et une baisse de celui de Renault, les deux valeurs évoluant souvent en sens inverse, de manière historique et statistique.

Des produits pour investisseurs avertis

En France, les investisseurs les plus avertis peuvent investir dans des stratégies alternatives, via des « fonds de fonds alternatifs ». Dès lors, ils investissent dans un fonds, catégorisé par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) comme alternatif, qui prend lui-même des participations dans différents fonds alternatifs.

Avec plusieurs lignes, l’exposition au risque s’en trouve réduite. Ces investissements, trop souvent assimilé à des fonds spéculatifs, demeurent des produits de couverture des produits financiers classiques permettant, dans certaines situations, de limiter les risques de perte en capital.

L’Europe a souhaité réglementer ces fonds. Ainsi, la directive AIFM de 2011 permet aux gérants de disposer d’un large choix d’actifs sous-jacents et d’utiliser des méthodes réactives comme la possibilité de se désinvestir très rapidement du marché. Cependant, échaudés par la crise de 2008, les gérants restent assez prudents dans leur gestion. Aussi, ils poursuivent plutôt un objectif de couverture de positions sur les actifs classiques permettant de réduire les risques, plutôt que de stratégies alternatives pour dégager de la performance.

Les investisseurs non professionnels peuvent accéder aux fonds de fonds alternatifs.

Des stratégies particulières

Aux fonds alternatifs correspondent plusieurs stratégies d’investissement. Les plus connues sont le long short et le global macro.

Le « long-short » consiste à construire un portefeuille investi à la hausse sur des valeurs solides et dans le même temps d’investir à la baisse sur des valeurs moins robustes. Cette stratégie limite a priori la baisse, puisque la hausse compense les chutes brutales des marchés. C’est l’exemple Renault contre Peugeot.

Avec le « global macro » le gérant analyse et anticipe les tendances macroéconomiques pour investir dans le monde sur les actifs (devises, taux, matières premières…) qui pourraient le mieux en profiter, tout en se désengageant de ceux qui pourraient le moins en profiter. Par exemple : investir sur le dollar et sortir de l’euro si on considère que le dollar prendra plus de valeur à moyen terme.

Par ailleurs, certaines situations spécifiques peuvent exister. Ces stratégies consistent à privilégier des entreprises qui se retrouvent en situation spéciale. Soit elles sont sous-évaluées mais leur activité n’est pas bien valorisée, ce qui en fait une cible parfaite d’OPA. Soit à l’inverse, il s’agit d’entreprises en difficulté financière et qui pourraient faire l’objet d’un rachat, entraînant de fait la remontée de leur valeur.

« To hedge » signifie « couvrir », qui renvoie à la notion de couvrir une position en prenant une position symétrique.