Qu’appelle-t-on une démarche RSE ?
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La RSE comme levier de performance

Qu’appelle-t-on une démarche RSE ?

La RSE correspond à l’intégration par les entreprises de préoccupations sociales environnementales et de gouvernance. Une définition large qui permet à chaque entreprise de mettre en place une politique adaptée.

Si la grande majorité des entreprises est désormais familiarisée avec la notion de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE), son contenu est encore mal appréhendé. Plus d’une entreprise sur deux estime que ses contours restent relativement flous et qu’elle est surtout centrée sur les salariés1.

Des contraintes légales en développement

Pourtant, la RSE gagne du terrain, d’abord sous l’effet des contraintes légales. Les entreprises cotées et les grandes entreprises (plus de 500 salariés et 100 millions d’euros de total bilan ou de chiffre d’affaires) sont tenues de publier des indicateurs RSE et développement durable dans leur rapport annuel. Une obligation depuis la loi sur les Nouvelles Régulations Economiques (NRE) de 2001, développée par la loi Grenelle II, complétée par la loi Warsmann 4.

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique impose désormais aux investisseurs institutionnels des obligations d’information sur leur gestion des risques liés au climat, et plus largement sur l’intégration de paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement. Moteur sur ces thématiques, la France a inspiré la réglementation européenne et sa Directive sur la transparence de 2014 » relative au respect des droits de l’Homme, à la lutte contre la corruption, aux questions environnementales, sociales et de personnel pour près de 6 000 entreprises européennes.

Ensuite, la RSE s’impose comme facteur de compétitivité. Selon l’étude de France Stratégie de janvier 2016, l’écart de performance économique entre les entreprises qui mettent en place des pratiques RSE et celles qui ne le font s’élève en moyenne à 13 %2.

La RSE s’impose comme facteur de compétitivité. L’écart de performance économique entre les entreprises qui mettent en place des pratiques RSE et celles qui ne le font s’élève en moyenne à 13 %3.

Le développement durable appliqué à l’entreprise

La RSE a un champ très large. Elle est la traduction opérationnelle des principes du développement durable dans les entreprises. Selon la définition de la Commission européenne, il s’agit d’un concept dans lequel les acteurs économiques « intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire ».
La norme ISO* 26000 de novembre 2010 a précisé les lignes directrices selon 7 principes à décliner dans les décisions et activités de l’entreprise. Ces principes sont : la redevabilité4, la transparence, le comportement éthique, la reconnaissance des intérêts des parties prenantes, le respect du principe de légalité et la prise en compte des normes internationales de comportement et respect des droits de l’Homme. En pratique, les entreprises doivent commencer par dégager leur principe de matérialité, ou de pertinence, c’est-à-dire sélectionner les enjeux sur lesquels porter leurs efforts.

Une politique sur mesure

Une politique RSE efficace et opérationnelle doit privilégier les axes en résonnance avec l’entreprise. Son ADN la guidera à trouver la politique adéquate. Une entreprise de recrutement pourra facilement développer des actions de ressources humaines (égalité, formation appuyée, mobilité au sein des services). Un acteur du circuit de l’alimentation conciliera plus naturellement éthique et sous-traitance.

« L’entreprise peut également puiser dans son histoire et faire revivre ses fondamentaux comme l’insertion sociale ou l’ouverture à la diversité ».

En fonction de sa taille, de son secteur d’activité et de la sensibilité de ses dirigeants, chaque entreprise peut bâtir une politique et une stratégie RSE qui lui ressemblent.

Des actions très concrètes

Ainsi définie, cette politique doit se traduire par des actions très concrètes. D’un point de vue environnemental, une démarche RSE peut, par exemple, consister à économiser les ressources comme le papier et l’eau, à recycler son énergie via des objectifs annuels fixés à l’ensemble des salariés de l’entreprise. Elle peut prendre tout son sens dans une politique d’achats responsables, en sélectionnant des sous-traitants en fonction de leur engagement ou en privilégiant des acteurs locaux ou sociaux. Pour les entreprises les plus engagées, la RSE peut sortir du cadre lucratif de son activité et rimer avec philanthropie. Prêt d’employés volontaires, action pour les jeunes vers l’emploi, là encore, les initiatives sont nombreuses.

(1) Enquête Opcalia-Lucie/TNS Sofres, juillet 2015
(2) RSE et compétitivité, France Stratégie, Janvier 2016
(3) Source : RSE et compétitivité, France Stratégie, Janvier 2016
(4) Redevabilité : état consistant à être en mesure de répondre de ses décisions et activités à ses organes directeurs, ses autorités constituées et, plus largement, à ses parties prenantes.

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