Préservons le capital naturel !

Soutenir la transition énergétique, c’est se mobiliser pour la durabilité des ressources. Ces ressources renvoient à notre propre durabilité. « En une génération, le vivant (mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens, reptiles) a diminué de 58%, rappelle Pascal Canfin, Directeur Général de WWF France. C’est le capital naturel qui disparaît. Nous devons absolument nous mobiliser pour préserver ce capital ».

Le capital naturel, une richesse à préserver

La notion de capital naturel renvoie à un certain nombre de ressources indispensables : minéraux, plantes, animaux, air, pétrole de la biosphère terrestre. Ces ressources permettent de produire des biens et services écologiques allant de la production d’oxygène à la pollinisation des cultures. Or, d’après les experts du WWF, les deux tiers du vivant auront disparu à l’horizon de 2070. «  Nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Détruire ce capital, c’est détruire notre capacité à vivre durablement sur la planète. Nous devons absolument être davantage capitalistes avec la nature », conclut l’ancien ministre délégué au développement.

Ce vœu commence à être entendu comme en témoigne l’adoption de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Cette loi répond à l’engagement pris par le Président de la République de reconquérir la biodiversité, lors de l’ouverture de la Conférence environnementale du 14 septembre 2012.

Il nous faut être davantage capitaliste avec la nature

Protéger la biodiversité

Le texte met en place une entité dédiée à la protection de ce patrimoine naturel : l’Agence française pour la biodiversité. Elle a pour vocation de regrouper des opérateurs existants dont l’Office national de l’eau, l’Agence des aires marines protégées, l’établissement des Parcs nationaux de France. Sa mission est donc de sensibiliser les Français à la biodiversité, de former les acteurs de la biodiversité et de renforcer la connaissance et la recherche en la matière. Elle dispose d’un droit de préemption au titre des Espaces Naturels et Sensibles (ENS).

Dans le prolongement de la Convention sur la biodiversité écologique conclue en 1992 à Rio et du Protocole de Nagoya, la loi met en place un régime d’accès aux ressources génétiques et de partage des ressources découlant de leur utilisation. Pour préserver la biodiversité dans les espaces aquatiques la loi crée des zones en mer ou dans les fleuves qui protègent le cycle biologique de certaines espèces de poisson. En outre, le texte augmente les sanctions à l’encontre des trafiquants des espèces protégées. Par ailleurs, il facilite la lutte contre le braconnage et l’extinction de certaines espèces animales. Enfin, le texte ouvre les actions de groupes aux dommages environnementaux. Le préjudice écologique est désormais inscrit dans le Code civil, sous l’article 1246 : « toute personne responsable d’un préjudice écologique est tenue de le réparer ».