faire entrer un fonds d'investissement

Pourquoi et comment faire appel à un fonds d’investissement ?

L’univers des fonds d’investissement est extrêmement varié et dense, en fonction de leur propre rationnel d’investissement : de manière non exhaustive, il existe des fonds dédiés au financement de l’innovation technologique (capital-innovation), au financement des jeunes entreprises en création ou en passe d’être rentables (les fonds d’amorçage ou fonds venture), au financement de la croissance (les fonds de capital-développement) et au financement de la transmission des sociétés lors des départs des actionnaires dirigeants par exemple (le capital-transmission), etc. Aussi, les chefs d’entreprises peuvent légitimement se demander quel type de fonds d’investissement il faut choisir.

A quoi sert un fonds d'investissement ?

Pour lancer une activité, se développer, acquérir un concurrent ou passer la main, à chaque phase de son cycle de vie, une entreprise peut avoir besoin de liquidités et ne pas souhaiter ou ne pas pouvoir recourir à l’emprunt bancaire. L’assistance d’un fonds d’investissement peut alors être la solution adaptée. Celui-ci apportera des fonds à l’entreprise sous forme de prise de participation au capital ou de financements hybrides afin de limiter la dilution des autres actionnaires.

L’objectif du fonds d’investissement est de réaliser une plus-value au moment de la cession, qui intervient en général 3 à 7 ans après la prise de participation, selon le type de projet. C’est pourquoi, la participation au développement de l’entreprise n’est pas dormante. En effet, aux côtés du management de la société, un fonds d’ investissement est en général associé au quotidien à tous les décisions clés de la vie de l’entreprise, tant au niveau de la stratégie que du suivi financier. Au-delà de l’apport strictement financier, le fonds d’investissement constitue souvent une aide précieuse pour l’entreprise. Il apporte son expertise en matière de développement sectoriel ou sur un marché international.

Les interventions du fonds d’investissement dans l’entreprise peuvent parfois être mal vécues par le dirigeant en place. C’est notamment le cas lorsque l’appel à ce fonds a été contraint par l’absence de soutien d’un établissement bancaire ou s’il y a désaccord sur la vision stratégique. La bonne gestion des relations avec le fonds d’investissement est déterminante et, quelle que soit la configuration, le chef d’entreprise devra faire preuve de transparence et de dialogue pour pouvoir influencer les décisions.

Le choix du fonds d'investissement est primordial

Il existe un très grand nombre de fonds d’investissements sur le marché français : les sociétés de gestion indépendantes, les fonds dépendant de grands réseaux bancaires (souvent mutualistes), les intervenants publics (comme la BPI), les fonds régionaux spécialisés, les business angels (ils apportent des capitaux à des projets)… Ces acteurs peuvent être régionaux, nationaux ou internationaux. Schématiquement, on peut classer les différentes structures en fonction du type d’entreprise où elles interviennent : certaines se positionnent avant même la création de l’entreprise, d’autres à un stade initial, d’autres encore lorsque celle-ci est mature mais en difficulté, etc.

Un soutien à l'innovation

Les fonds de capital-risque correspondent à l’image que l’on se fait traditionnellement d’un fonds d’investissement. Ils financent le lancement d’une entreprise ou l’accompagne à un stade initial. Les cibles de ces fonds sont ainsi en général des start-ups à fort potentiel souvent innovantes. Le fonds étudiera alors le business model de l’entreprise, ses comptes financiers et ses prévisions avant d’investir. Dans cette catégorie figurent aussi les fonds d’amorçage qui peuvent soutenir des projets, avant même la création de l’entreprise. Ces fonds sont par nature risqués car le projet  pourrait se révéler non conforme aux attentes. Les fonds multiplient alors les participations pour diversifier leur risque. Ils savent ainsi que sur une dizaine de participations, par exemple, plusieurs d’entre elles seront des déceptions.

Le fonctionnement de ces fonds est assez semblable lorsqu’ils interviennent à un stade plus avancé de la vie des entreprises dans le cadre du capital développement. Ils apportent alors de l’argent frais pour s’internationaliser, acquérir un concurrent, mettre en place un nouveau projet ou assurer une liquidité à des actionnaires sortants… Ces stratégies sont un peu moins risquées que les précédentes car les entreprises financées ont déjà démontré leur viabilité. Parmi les procédures très utilisées dans ce domaine figurent les LBO (Leverage Buy Out). Dans cette perspective, en plus d’une prise de participation, l’entreprise s’endette pour pouvoir changer de dimension. Le montage de ce type d’opération est complexe car il suppose la création d’une structure holding qui porte la dette, celle-ci étant remboursée grâce aux cash flows générés par l’entreprise. Ce type de procédure peut aussi être utilisée lorsque le dirigeant fondateur souhaite se retirer, on parle alors de capital transmission.

Enfin, le capital-retournement s’intéresse exclusivement aux sociétés en difficulté financière.  Ces injections s’accompagnent d’un suivi rigoureux et serré de l’entreprise. Parfois, des fonds régionaux se mobilisent pour sauver des entreprises de proximité. Ce marché reste restreint et réservé à des fonds d’investissement spécialisés car relativement risqué, parfois même davantage que le capital-risque.

Une rentabilité attractive

Globalement, quelle que soit la structure, le capital investissement reste un domaine relativement risqué, mais, en contrepartie, la rentabilité attendue est élevée. Les fonds accessibles aux particuliers peuvent délivrer des rendements nets supérieurs à 10% selon le niveau de risque : capital risque, capital développement ou capital retournement. Malgré un profil qui s’adresse à des investisseurs ciblés, ce domaine est en très forte expansion en France.

Les chiffres dans le capital-risque, par exemple, sont éloquents : selon le dernier baromètre de EY sur le sujet, après une année 2018 exceptionnelle avec 3,62 milliards d’euros investis sur 645 opérations, au premier semestre 2019, 2,79 milliards d’euros ont été levés par les start-ups françaises pour nombre total de 387 opérations. Ces entreprises comme les entreprises de taille moyenne ne rencontrent ainsi pas de difficulté pour se financer, au contraire. Même les investisseurs institutionnels disposant d’importantes liquidités à placer affichent un appétit conséquent pour ce type de financement.

Même si le contexte général est favorable, il est nécessaire pour un chef d’entreprise ou un particulier de se faire accompagner par un spécialiste. De même, pour un particulier investissant sur cette classe d’actifs, bénéficier de conseils avisés est primordial, compte tenu du nombre de fonds existants et du niveau de risques.

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