La photographie : un univers de plus en plus accessible

À l’occasion des 10 ans de YellowKorner, son cofondateur Alexandre de Metz revient sur cette aventure qui a permis la démocratisation d’un art élitiste : la photographie.
Neuflize OBC

YellowKorner fête ses 10 ans. Quel bilan tirez-vous et quels sont les projets à venir ?

Nous sommes très heureux d’avoir gagné un pari, celui de la diffusion de la photographie. Aujourd’hui nous disposons de près de 90 galeries dans le monde avec 8 millions de visiteurs annuels. C’est une vraie satisfaction de pouvoir proposer des photographes et donner une visibilité à la jeune génération d’artistes.

Nous voulons maintenant continuer cette aventure avec davantage de galeries, davantage de visibilité. Nous souhaitons aussi construire une ligne éditoriale forte, notamment dans l’édition de livres, pour continuer à diffuser le travail des jeunes photographes.

Avez-vous l’impression de rendre la photographie accessible au plus grand nombre ?

YellowKorner est le pendant de la Folle Journée, le festival de musique classique né à Nantes. Ils ont en commun de rendre l’art plus accessible. Avec Paul-Antoine Briat, nous avons réfléchi très sérieusement à YellowKorner après la Folle Journée russe, en 2002, durant laquelle 120 000 tickets avaient été vendus pour cet art extrêmement élitiste qu’est la musique classique. Lors d’une exposition de Willy Ronis à l’Hôtel de Ville de Paris, nous avons réalisé qu’il existait un véritable engouement pour la photographie sans qu’il y ait une offre pour le grand public.

Le marché de l’art a-t-il tendance à s’ouvrir ?

En matière de photographie, le marché s’ouvre effectivement de plus en plus. Art Basel Photography, London Photo, Paris Photo, les foires se multiplient avec des expositions de tirages rares et chers. Cependant une partie de la population, aisée ou non, s’intéresse à la photographie mais n’ose pas toujours se rendre dans une foire ou une galerie. Pour ceux-là, YellowKorner constitue la première marche pour accéder à cet univers.

La révolution numérique transforme profondément notre société. Quels sont les grands changements dans le secteur de la photographie ?

Pour nous, le numérique est fondamental. Sur Internet nous avons nos plus belles croissances de chiffre d’affaires et nous pouvons donner la meilleure visibilité à nos photographes. Nous essayons d’avoir une synergie très forte entre nos galeries et notre site Internet. Demain, je pense qu’Internet représentera 40% de notre activité, contre 10 à 15% aujourd’hui. À mon sens, les ventes de photographies, notamment via les maisons aux enchères, vont être de plus en plus nombreuses sur le net.

Les artistes Français sont-ils présents dans le secteur de la photographie ?

En France, nous avons la chance d’avoir une histoire très forte avec la photographie. N’oublions pas que ce médium a été inventé à Chalon-sur-Saône. Par ailleurs, les photographes les plus connus sont Français et l’hexagone reste une place forte pour la photographie. Paris Photo est la première foire mondiale et se déroule chaque année en novembre au Grand Palais à Paris.