Une politique de recrutement qui intègre la diversité

Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de Talentia Software, revient sur le manque de représentativité de la diversité française au sein des PME.
Neuflize OBC

En tant que présidente de Talentia Software, quelles mesures avez-vous prises pour faciliter la diversité ?

Dans le secteur du numérique, il existe une grande diversité au sein des entreprises. En effet, les écoles d’ingénieurs attirent des profils très différents. Au sein des équipes de Talentia Software, les candidats viennent de tous les pays d’Europe. Il existe une diversité de culture, de religion et d’origine. Nous travaillons aussi pour un équilibre femme/homme et sommes actuellement à 40% de femmes dans nos effectifs. Nous ne sommes pas encore à l’équilibre, mais y travaillons.

Cette diversité n’est pas le fruit d’une stratégie pensée et établie à l’avance. Nous avons toujours recruté des candidats avant tout en fonction de leurs compétences professionnelles, de leur tempérament et de leur envie de rejoindre notre projet entrepreneurial.

La diversité n’est-elle pas, avant tout, plus facile à instaurer au sein grandes entreprises ?

Dans un grand groupe, sur un programme de 2 000 à 4 000 embauches annuelles, il parait plus facile de mettre en place politique stricte de parité à l’embauche. Dans une PME, une ETI comme la mienne, on lance chaque année 10 à 15 embauches pour des postes très précis. Les ouvertures de postes dépendent essentiellement de la croissance et des projets de développement de l’entreprise. Or les écoles d’ingénieurs attirent un faible pourcentage de jeunes femmes (19%). Cet état de fait ne nous aide pas à atteindre la parité dans nos embauches.

L’instauration de quota est-elle une solution ?

C’est une solution sur laquelle je suis partagée. C’est une façon d’avancer sur le chemin de l’égalité. Cependant, sans le un volume suffisant de candidature, et sans la volonté, les quotas ne sont pas atteignables. Dans le contexte de pénurie des talents féminins, qui est le fait de notre secteur, mettre en place des sanctions serait injustifié car les quotas ne sont pas atteignables. Par ailleurs, ces sanctions pénaliseraient les petites entreprises au profit des plus grosses structures plus séduisantes pour les talents les plus rares. Outre le volume des candidatures, la notion de volonté compte aussi.

Que conclure du petit nombre de femmes dans les conseils d’administration, dans les réseaux professionnels ? Est-ce une question de priorité ? d’appétence ? Il y a au final beaucoup de sujets à envisager qui ne sont pas purement quantitatifs.