Les perspectives du secteur des Ehpad en France
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Les perspectives du secteur des Ehpad en France

Existe-t-il un véritable risque réglementaire en France susceptible de ralentir la croissance du secteur des Ehpad privés ?

Malgré le gel des autorisations et créations de places en Ehpad, le secteur des gestionnaires privés d’Ehpad se porte bien. Les perspectives financières des leaders du marché sont séduisantes mais le risque réglementaire existe.

Le dynamisme du secteur

Doit-on anticiper à moyen terme de moindres perspectives financières pour le secteur privé suite à la mise en place de la loi ASV (Loi d’Adaptation de la Santé au Vieillissement du 28 décembre 2015) qui constitue en France la réforme la plus ambitieuse du secteur des Ehpad depuis 2012 ? Orpéa, n°2 du secteur, anticipe d’ores et déjà une augmentation de 10% de son chiffre d’affaires en 2017 soutenue par une croissance organique significative et la contribution d’acquisition en Suisse et en Espagne. Korian-Médica, leader du domaine, table, quant à lui, sur un chiffre d’affaires en progression d’au moins 5%. Il semble que rien ne puisse enrayer ce dynamisme si ce n’est la mise en place de nouvelles réglementations…

La loi ASV

Dans les textes, la loi ASV ne modifie pas en profondeur les pratiques des gestionnaires d’Ehpad privés mais elle les fait évoluer sur plusieurs points. En redéfinissant un socle minimal de prestations, elle apporte de nouvelles garanties aux personnes âgées. Elle prévoit également une plus grande transparence sur les tarifs des établissements par la mise en place d’un comparateur officiel des prix et restes à charge en Ehpad(1) et de fait amène une concurrence accrue entre établissements.

Côté tarification, la fixation des prix reste libre pour les nouveaux arrivants mais les augmentations de tarifs sont encadrées pour les résidents déjà en place non financés par l’aide sociale. Depuis le décret du 30 décembre 2015, la formule officielle d’indexation prend en compte le taux d’évolution des retraites de base et des charges de l’établissement pour calculer le taux annuel maximum d’évolution du prix du socle des prestations d’hébergement dans les Ehpad privés. Et ce taux de croissance, fixé au 1er janvier de chaque année par arrêté ministériel, s’avère très faible (+0,61% en 2016).

La loi ASV prévoit une plus grande transparence des tarifs des établissements par la mise en place d’un comparateur officiel des prix et restes à charge en Ehpad.

L’enjeu du taux d’occupation des établissements

« Sauf relèvement improbable des retraites, le risque pour les Ehpad est que cette situation perdure, explique Elodie Bervilly-Itasse, Directrice du Pôle médico-social des Echos Etudes, L’effet négatif est toutefois limité par le fort turn-over des résidents (de 30 à 40% chaque année), ce qui permet aux exploitants de bénéficier d’un effet prix positif sur les nouveaux entrants ». D’après son étude qui porte sur 642 établissements du secteur privé lucratif(2), « les produits d’exploitation progressent toujours mais les augmentations de tarifs et de financement accordées par les pouvoirs publics expliquent moins de la moitié de cette progression. Alors que les taux d’occupation sont assez stables, l’autre facteur qui explique cette évolution est donc l’augmentation des tarifs d’hébergement pour les nouveaux entrants ».

Pour un gestionnaire d’Ehpad, la clé du succès réside donc dans le taux d’occupation de l’établissement. Si la plupart des Ehpad autorisés depuis 25 ans compte 60 à 90 lits, à terme de nouvelles réflexions pourraient voir le jour sur la légitimité de créer des structures de 120 à 150 lits, en unités de 15 à 30 lits dédiées à des publics spécifiques et permettant une meilleure absorption des charges de personnel et un amortissement des coûts fixes.

Horizon 2020

En réponse au faible taux de croissance des tarifs d’hébergement et au gel des créations de lits d’Ehpad, les gestionnaires privés d’Ehpad privilégient trois stratégies : les opérations de concentration sur le marché français, le développement à l’international et le développement d’une offre diversifiée.

A l’horizon 2020, l’étude publiée par Les Echos Etudes anticipe une forte concentration du marché domestique assortie d’une raréfaction des établissements indépendants ainsi qu’une véritable internationalisation du secteur. Les gestionnaires d’Ehpad tentent enfin de diversifier leur offre et leurs actifs en proposant une gamme de services complète : maintien à domicile, résidences services, cliniques SSR, cliniques psychiatriques, HAD… avec, à terme, l’émergence de grands groupes spécialistes de la prise en charge de la personne âgée, à domicile et en institution.

(1) http://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr
(2) L’avenir du secteur privé des Ehpad, Edition 2017 publiée par Les Echos Etudes qui porte sur 642 établissements du secteur privé lucratif

 

Pour les 15 premiers opérateurs français, les lits à l’étranger représentent déjà 49% de leur parc fin 2016, contre 35,4% en 2014 et seulement 7,2% en 2006
(Source : L’avenir du secteur privé des Ehpad, Edition 2017 Les Echos Etudes)

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