Optimiser les ressources : un enjeu majeur de l’économie de demain

Où vous situez-vous entre les déclinologues et les entrepreneurs qui défendent les atouts français ?

Selon Frédéric Mazzella, président fondateur de Blablacar, notre pays est en capacité de faire face au changement, à condition de faire preuve de dynamisme et d’innovation.
Neuflize OBC

Où vous situez-vous entre les déclinologues et les entrepreneurs qui défendent les atouts français ?

Nous avons tous les atouts pour réussir et trouvons parfois des prétextes à l’inaction. Le monde est en pleine mutation et si cette situation marque des difficultés pour tous les pays, il est important d’aller de l’avant. En effet, la France dispose de tous les outils pour réussir : des travailleurs extrêmement formés, des méthodes de communication, une bonne éducation, des infrastructures routières et de télécommunications, un bon système de santé et des jeunes motivés ! Certes, une partie d’entre eux cède à « l’international appeal » et il est indispensable que la France reste attractive. On y arrivera en créant de belles entreprises françaises de dimension internationale, ce qu’essaie de faire Blablacar.

Pourquoi avez-vous lancé l’initiative « Reviens Léon, on innove à la maison » ?

C’est une référence à la publicité des années 80, « Reviens Léon, j’ai les mêmes à la maison ». Il s’agit d’un programme d’attractivité des start-ups françaises, à destination des expatriés. Nous voulons communiquer sur le fait que la France est en train de bouger, que des pépites se développent à l’international et que ces entreprises françaises n’ont pas à rougir des comparaisons étrangères.

Quelles mesures pour accompagner le développement de l’économie numérique ?

La France est en bonne voie de digitalisation, mais il y a encore beaucoup de choses à optimiser. Le numérique peut nous faire passer à l’étape suivante, pour transformer nos emplois actuels en emplois plus élaborés, stratégiques et moins répétitifs.

L’avenir pour les services Internet passera par le développement d’outils centralisés de reconnaissance pour favoriser les transactions en ligne et apporter la confiance nécessaire au commerce en ligne. On a besoin de ces outils pour continuer à grandir nationalement et internationalement avec des services toujours plus fiables.

Que pensez-vous de l’ubérisation de la société et de ses conséquences sur l’économie traditionnelle ?

Le changement actuel doit être accompagné. Je pense qu’il faut développer des solutions pour faciliter la vie des consommateurs, des membres des réseaux et sites Internet et des solutions pour optimiser nos ressources. Blablacar repose justement sur l’optimisation de ses véhicules. Les particuliers détiennent 38 millions de voitures, auxquelles ils consacrent 5 à 6 000 euros par an, soit 200 milliards d’euros. Cette somme représente 10% du PIB et elle est immobilisée à 95% du temps ! Blablacar permet de réaliser des économies tant financières qu’énergétiques. En réduisant les émissions de polluant, au final tout le monde y gagne.