One Heart One Tree : réconcilier homme, nature et technologie

Nahiza Mestaoui, artiste, présente son projet One Heart One Tree.
Neuflize OBC

Quelle est la genèse du projet One Heart One Tree ?

One Heart One Tree a démarré en 2011, en Amazonie, au cœur de la forêt, avec l’envie de questionner le rapport qu’on entretient avec la nature et avec le vivant. Lors de mes premiers voyages en Amazonie, j’ai été bouleversée par le rapport que les indiens entretiennent avec leur environnement. Ils se conçoivent en continuité avec celui-ci. Pour eux, tout le vivant est intelligent, arbres, animaux.

Ce décalage avec notre propre relation avec la nature m’a donné envie de créer une œuvre qui réconcilie les rapports entre l’homme, la technologie et la nature. Je souhaitais montrer qu’il pouvait exister un triangle vertueux entre eux trois et que la technologie pouvait nous permettre de nous reconnecter avec la nature. Elle peut, en effet, constituer une des briques pour nous permettre de penser différemment notre évolution et pour réaliser l’interdépendance dans laquelle nous vivons.

En quoi consiste votre projet ?

One Heart One Tree associe la présentation d’une œuvre d’art numérique à une initiative de reforestation. Le réel et le virtuel ne sont plus opposés mais associés au profit d’une véritable expérimentation. Après la tour Eiffel en 2015, d’autres monuments se verront transformés, le temps de quelques heures, en forêt virtuelle vivant au rythme des battements de cœur de tous ceux qui auront participé à ce programme, à la fois artistique et philanthropique.

L’écologie est-elle suffisamment représentée dans le monde de l’art ?

Les artistes ont toujours été sensibles aux grandes problématiques de leur époque. Aujourd’hui, on voit de plus en plus d’artistes s’intéresser à l’écologie ou au climat et anticiper de vrais sujets de société. Ces thèmes touchent de plus en plus d’artistes comme il touche de plus en plus de personnes dans notre société.

Comment la révolution numérique bouleverse-t-elle le secteur de l’art ?

Nous sommes en train de basculer d’une société linéaire, matérialiste, pyramidale à une société en réseau dans laquelle chaque maillage a son importance. Le monde de l’art, comme tous les autres secteurs de la société, se métamorphose. Les règles du jeu changent, notamment en termes de financement. Le projet One Heart One Tree a ainsi été financé d’abord grâce à une plateforme de crowdfunding. Ainsi, ce sont les citoyens qui ont permis à ce projet d’exister.

L’art reste un secteur assez fermé. La technologie et la révolution numérique permettent-elles de l’ouvrir ?

Les outils numériques permettent à chacun d’être à la fois émetteur et récepteur. Presque tous les artistes disposent désormais de leurs sites web. Un site Internet constitue un outil de représentation et confère à l’artiste une véritable indépendance. Cela peut favoriser la créativité et permettre à chacun de prendre librement la parole. Chacun peut s’exprimer, en tant qu’artiste et faire connaître ses œuvres, sans devoir passer par les chemins déjà balisés du monde de l’art.