Olfa Rambourg, portrait d’une femme mécène engagée
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Olfa Rambourg, portrait d’une femme mécène engagée

La fondation Rambourg Tunisie dédiée à l'éducation concentre son action sur la Tunisie, pays d'origine de sa fondatrice. Rencontre avec la présidente, Olfa Terras Rambourg, qui évoque son action en faveur de la culture.

Olfa Teras Rambourg, Présidente de la Fondation Rambourg
DR

Votre action philanthropique se déploie essentiellement en Tunisie ?

OTR : Aujourd’hui, oui, mais cela n’a pas toujours été le cas. Nous avons toujours soutenu un grand nombre de causes, en choisissant tous les deux des projets qui avaient du sens. Comme bénévole, j’ai rejoint une ONG de défense des droits de l’homme. Puis j’ai ressenti le besoin de professionnaliser mon engagement philanthropique pour le rendre plus efficient. La fondation est née de la volonté de pérenniser cet élan. Depuis la révolution tunisienne (2010-2011), j’ai souhaité m’engager plus spécifiquement au profit de mon pays d’origine.

Quel soutien apportez-vous à la Tunisie ?

OTR : Je suis franco-tunisienne, très attachée à mes racines je souhaite les transmettre à mes 5 enfants. J’ai grandi en Tunisie et ce pays a fait de moi celle que je suis aujourd’hui. Je souhaite lui rendre un peu de ce qu’il m’a donné et les besoins sont immenses. La fondation œuvre dans l’éducation au sens large, ce qui inclut l’accès à la culture, un bien dont les Tunisiens ont une grande soif.

Nous pouvons aider un artiste à faire émerger sa voix en toute liberté.

À cet égard, l’exposition « L'éveil d'une nation » constitue une des réalisations marquantes de la fondation. De quoi s’agissait-il ?

OTR : Cette exposition s’est tenue du 27 novembre 2016 au 27 février 2017au Palais Qsar es-Saïd, au Bardo (Tunis) où elle a rencontré un succès considérable. Nous avons réuni près de 300 œuvres et objets : mobilier, costumes, manuscrits et dessins pour retracer l’histoire de l’époque beylicale (1837-1881). Plus de 45.000 visiteurs et 30.000 enfants des écoles de tout le pays ont ainsi pu se réapproprier une page de leur histoire.

Dans quelle mesure la culture a-t-elle besoin du mécénat privé ?

OTR : En Tunisie, les moyens du ministère de la Culture ne lui permettent pas de mener de grand projet, l’essentiel de ses crédits servant à rémunérer le personnel. Aussi, il y a beaucoup à faire ne serait-ce qu’en matière de préservation du patrimoine et en tant que mécènes privés, nous bénéficions d’une totale liberté. Nous pouvons aider un artiste à faire émerger sa voix en toute liberté.

Est-ce la raison d’être du prix Fondation Rambourg Tunisie pour l’art et la culture ?

OTR : Ce prix, dont nous venons de lancer l’appel à candidature de la seconde édition, est destiné à identifier de nouveaux talents et les aider à rayonner dans le monde. Cette main tendue vers la jeunesse créative de la Tunisie est essentielle à mes yeux. La culture n’est pas seulement un bienfait pour l’âme, c’est aussi une source de richesse économique, on l’oublie trop souvent.

C’est cette philosophie de vie qui se traduit dans le dernier projet initié à Kasserine ?

OTR : Oui, dans cette ville du centre-ouest de la Tunisie, nous menons deux projets. D’abord, nous mettons en place un centre culturel qui accordera une large place aux métiers d’art. Par ailleurs, nous créons une entreprise économique et solidaire. Elle a vocation à dynamiser cette région riche en savoir-faire (poterie, tapis) et en ressources naturelles (figues, abricots, aloe vera). À la fois culturel et social, ce projet pilote nous tient particulièrement à cœur.

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