Le numérique au service de l’instantanéité de l’information

Le numérique, une évolution de la méthode de « consommation » de l’information qui bouleverse les media traditionnels

Ce mode de consommation – de lecture ou de visionnage – n’est plus uniquement lié aux programmations ou aux éditions classiques des rédactions journalistiques.

De plus, avec la numérisation l’internaute a la possibilité de sélectionner l’information qui l’intéresse directement, sans avoir à subir une ligne éditoriale globale qui ne l’intéresserait pas. La capacité d’introduire des algorithmes de reconnaissance des sujets préférés d’un internaute rendrait l’offre de l’information sur internet d’autant plus pertinente.

L’essor du numérique révolutionne également pour les medias la méthode de diffusion de l’information, avec la possibilité pour un journaliste ou même pour une rédaction de tweeter au compte goutte la retranscription d’un événement, d’une manifestation, etc. C’est le cas par exemple de journalistes qui assistent à des procès médiatiques.
Mais cela permet également la diversification des sources de l’information : on a vu les exemples de parlementaires relayer en direct sur les réseaux sociaux des débats.

Des conséquences pour les chaînes de télévision

Pour la télévision, la numérisation change le rapport aux revenus tirés de la publicité, revenus qui sont soumis aux parts d’audimat. Les journaux télévisés et particulièrement l’édition du fameux « 20 heures » représentent d’ailleurs un horaire clé pour les rédactions des chaînes. Or, la possibilité pour chacun d’avoir un accès tout au long de la journée à l’information, grâce à Internet notamment (applications de media pour smartphone, réseaux sociaux, etc.), couplée à l’essor de la vidéo à la demande faisant sortir le téléspectateur du suivi de la programmation classique d’une chaîne de télévision, peuvent amener à se questionner sur la pertinence à l’avenir de maintenir une émission d’information quotidienne (le journal télévisé) à heure fixe, une à deux fois par jour (hors chaînes d’information en continu).

Des conséquences pour la presse écrite

Concernant la presse écrite, le risque est de voir chuter le nombre de ventes à un moment fixe (édition chaque matin, chaque semaine, chaque mois), alors que l’information est disponible à tout moment et de manière immédiate.
Dans un secteur déjà mis à mal depuis longtemps par le développement de la télévision, le modèle économique de la presse écrite se trouve d’autant plus fragilisé par la numérisation de l’information.

Paradoxalement, pour la presse écrite, la numérisation peut représenter un fort potentiel de développement. En effet, il peut être considéré que le déclin de la presse écrite n’est pas tant lié à une action de lecture à laquelle le consommateur d’informations rechignerait à se livrer, mais à un support (papier) et à une démarche (se déplacer pour acheter le journal ou attendre sa livraison) contraignants.

Ainsi, le numérique permet un accès plus simple et direct pour le lecteur, mais aussi la possibilité pour les rédactions de multiplier les articles et les sujets traités, puisque la limite du support papier n’existe plus. L’offre devient donc d’autant plus pertinente et intéressante, justifiant les abonnements payants.
Il est à noter que de nombreux organes de presse proposent d’ailleurs leurs articles en libre accès avec le développement des revenus publicitaires sur Internet (insertion de publicités et notamment de vidéos dans les articles numériques).

Bruno Patino estime que la révolution numérique signe « l’avis de décès, non pas de la télévision, mais de ce qu’elle a été. »

Une diversification des sources au service de l’amélioration de l’accès à l’information ?

Dans son ouvrage Télévisions (2016, éditions Grasset), Bruno Patino estime que la révolution numérique signe « l’avis de décès, non pas de la télévision, mais de ce qu’elle a été. » Il est peut-être possible de considérer qu’il en est de même pour les medias traditionnels de l’information, qui voient se développer avec le numérique soit un concurrent, soit un moyen de développement.

En effet, la numérisation permet aux internautes, par ailleurs lecteurs et/ou téléspectateurs, de diversifier de manière importante leurs sources d’informations : ils peuvent avoir accès à des articles ou à des vidéos de manière quasi illimitée issus de média variés, ce qui auparavant était plus difficile car les journaux télévisés sont généralement tous diffusés dans la même tranche horaire et qu’il peut être dissuadant d’acheter un grand nombre de journaux ou magazines.
En cela, il peut être considéré que la révolution numérique qui s’opère dans le monde médiatique permet à chacun d’améliorer son accès à l’information.