Licornes et Pigeons

Ding Ding. L'heure de la scale-up a sonné Affichez cet email dans votre navigateur.

Juin
Licornes et Pigeons

L’expression est peut-être un peu barbare, mais elle recouvre une réalité bien tangible : en 2019, la France est devenue sans aucun doute une « startup nation ». D’après le site Tech.eu, l’Hexagone a en effet concentré depuis deux ans davantage d’investissements dans ses entreprises numériques en phase de démarrage (5,44 milliards de dollars) que n’importe quel autre pays d’Europe continentale. Néanmoins, pas de quoi chanter cocorico. Car les USA conservent évidemment leur nette avance et la Chine a atteint un rythme de croissance autrement plus soutenu. On y dénombre ainsi déjà plus de 200 licornes (entreprises du Web valorisées à plus de 1 milliard d’euros), rapporte le site Kr-Asia.com. Contre à peine une quinzaine chez nous…

Seulement, les données financières suffisent-elles à apprécier la création de valeur réellement induite par la révolution numérique ? Un chercheur du Massachusetts Institute of Technology propose sur le site du World Economic Forum (l’organisateur du Forum de Davos) une méthode originale d’évaluation des sociétés de l’Internet. Elle repose sur une question simple : quelle somme le public serait-il prêt à payer pour ne pas perdre l’usage des nouveaux outils proposés gratuitement en ligne ? Une approche salutaire à l’heure où certaines introductions en Bourse menées par des acteurs de la tech tels que Lyft, Pinterest et Uber ne se passent pas aussi bien que prévu. Analysant ces récents semi-échecs pour le site The Conversation, Jérôme Caby, professeur de gestion à la Sorbonne, emploie d’ailleurs ce lumineux adage : « Dans une opération, il y a toujours un pigeon ; si vous ne savez pas qui c’est, c’est certainement vous ! »

Enfin, cap sur l’université de Stanford, en Californie, où une équipe de spécialistes de l’environnement a développé une hypothèse étonnante pour sauver la planète. Contrairement aux idées reçues, ils expliquent que la lutte contre le réchauffement climatique pourrait passer par une production supplémentaire de CO2. Pour eux, le véritable mal à combattre est le méthane, puissant gaz à effet de serre rejeté par l’industrie, que l’on peut rendre moins nocif en le transformant justement… en CO2. Rien n’est donc simple au pays de la science. Dernier exemple en date, la « crise de la reproductibilité », qui secoue la communauté des chercheurs ayant recours à l’intelligence artificielle pour mener leurs travaux, notamment en médecine. Slate fait le point sur cette question, méconnue mais cruciale, dans un article remarquable de pédagogie. 

 « Les investisseurs doivent savoir raisonner et agir comme des dirigeants opérationnels. »

Et si la France était une terre d’hyper-croissance ? Depuis quelques années, on voit apparaître ici et là dans l’Hexagone des réussites entrepreneuriales de premier plan, à rebours du pessimiste ambiant. Parmi les « héros » de ce nouveau phénomène, Emmanuel Pradère fait figure de référence.

Q- Est-il possible de faire de l’hypercroissance en France ?

 E. P. – Oui, il existe de nombreuses entreprises à très fort potentiel sur notre territoire, qui réalisent une croissance annuelle supérieure à 50 %. Par exemple, nous avons investi il y a deux ans dans Jimmy Fairly, une société française qui dessine, fabrique et distribue des lunettes de vue et de soleil sur le segment du luxe abordable. Or, son chiffre d’affaires devrait s’élever cette année à 35 millions d’euros, contre… 500 000 euros en 2015. Les marques de notre portefeuille ont toutes ont un point commun : elles changent d’échelle en quelques trimestres seulement.

Q- Comment détecter les pépites de demain ?

E. P. – Je crois que les investisseurs doivent savoir raisonner et agir comme des dirigeants opérationnels. Nos experts sont d’ailleurs des alliés très précieux pour cultiver cet état d’esprit. Mais c’est une logique que nous avons à tous les étages de nos process.

Q - Quel sera selon vous le prochain sujet de l’hyper-croissance ?

E. P. – À mon avis, l’éthique et la transparence sont devenues aujourd’hui un thème central pour les marques, qui vont devoir se montrer encore plus pédagogiques sur leurs prix, la provenance de leurs produits, leur empreinte carbone, etc. Les clients sont de plus en plus informés et se renseignent énormément sur les marques. En somme, je pense qu’une notion est vouée à un grand avenir chez les aspirants à l’hyper-croissance : la sincérité.

"Starlink"

Il s’agit du dernier projet d’Elon Musk, le fondateur de la marque automobile Tesla, pour permettre aux pays pauvres d’avoir accès à Internet. Le principe : déployer 12 000 minisatellites de télécommunications autour de la planète. Le milliardaire d’origine sud-africaine vient de lever 1 milliard d’euros à cette fin. Une première salve de 60 engins a été mise sur orbite la semaine dernière.

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