Course de fonds

Un vent nouveau souffle sur les levées de fonds. Afficher dans le navigateur

Février 

Course de fonds

Un vent nouveau souffle sur les levées de fonds. Alors que les introductions en Bourse se font de plus en plus hasardeuses, en témoigne le fiasco autour de WeWork, les fonds d’investissement s’imposent comme des acteurs de choix. Avec son portefeuille de 7 000 milliards de dollars sous gestion, il se dit même que BlackRock ferait désormais la pluie et le beau temps dans le monde de la finance… Le fonds américain, qui a collecté plus d’un milliard par jour en 2019, tente même de se réinventer en porte-étendard d’une finance respectueuse de l’environnement.

En 2019, les startups françaises n’ont pas été en reste : un montant record de 5 milliards d’euros a été levé par 736 sociétés. La Fintech française parvient même à faire les yeux doux aux BATX (les géants du Web chinois). L’application bancaire Lydia a bouclé en janvier une levée de fonds de 40 millions d’euros, faisant entrer Tencent à son capital afin de partir à la conquête de l’Europe.

Dans le même temps, de nouveaux fonds – aux noms poétiques ou aux promesses autoréalisatrices – continuent de voir le jour. Bpifrance a lancé Lac d’argent pour stabiliser le capital de fleurons français, quelques mois à peine après avoir monté Build-up, qui aide les PME et ETI françaises à acquérir des entreprises à l’étranger.

Et à nouveau secteur, nouveaux métiers… C’est le cas des « Operating Partners », qui jouent parfois les poissons-pilotes pour les fonds, afin d’évaluer « de l’intérieur » le cycle d’investissement d’une PME ou d’une ETI. De quoi rassurer les investisseurs sur la solidité et le potentiel de croissance de leur future protégée.

 « Je suis un associé sans pouvoir, qui espère avoir une influence positive sur le destin de l’entreprise. »

Jean-David Chamboredon investit depuis plus de vingt ans dans des entreprises, dont certaines sont devenues des leaders sur leur secteur. Pour Prismes, il explique les critères qui le guident dans ses choix d’investissement, la manière dont il aide les jeunes pousses à évoluer, avant de laisser à d’autres le soin de prendre la suite.

Q- Comment définissez-vous votre rôle en tant qu’investisseur ? 

Jean-David Chamboredon – Le premier rôle d’un investisseur consiste à entrer au capital d’une entreprise – avec le risque de tout perdre – et d’en devenir associé. Dans le capital-risque, l’investisseur est généralement minoritaire, donc un associé qui n’a pas de pouvoir mais peut avoir de l’influence. C’est le rôle que je me suis donné : rentrer assez tôt dans les entreprises technologiques, en espérant avoir une influence positive sur leur destin. Depuis vingt ans, j’ai été administrateur de plus de 50 sociétés. Je peux donc apporter une vision «historique» de la vie des entreprises que l’entrepreneur n’a pas puisqu’il est très focalisé sur son business et sur son histoire. 

Q- Quelles bonnes pratiques rendent une entreprise attractive à vos yeux ?

J.D. C.  En tant qu’investisseur « early stage », le sujet numéro un, c’est l’équipe fondatrice. On essaie d’évaluer s’il s’agit vraiment d’une équipe. On investit de moins en moins dans des « solo founders ». Parmi les fondateurs, on espère trouver un stratège, capable de comprendre les sujets de finance ; quelqu’un qui est à même de comprendre les usages et de développer les produits ; et un profil plutôt orienté tech pour mettre tout cela en œuvre. On investit dans une équipe quand on pense qu’elle va bien fonctionner, car il y a plus souvent des querelles entre fondateurs qu’entre fondateurs et investisseurs. Un bon test consiste à voir si les fondateurs acceptent de ne pas avoir la majorité au conseil d’administration. 

Q - Les investisseurs évoluent aujourd’hui dans un univers très concurrentiel…

J.D. C. –   La grande difficulté aujourd’hui, c’est qu’il y a plus de capital – permettant aux entreprises de potentiellement se développer plus vite – mais un manque d’expérience. Peu de gens ont déjà réussi à faire passer une entreprise de 10 à 500 personnes en deux ans. Tout le monde apprend en faisant. Depuis que l’accès à l’argent est devenu plus facile, la compétition pour investir dans les entreprises se fait sur la valorisation, donc sur la taille des tours de table et les montants injectés. Certaines entreprises brûlent les étapes car on leur donne l’argent pour le faire, sans que les fondamentaux soient toujours réunis. La tendance générale est plutôt à une baisse de rigueur des investisseurs, par exemple sur l’analyse de la marge brute ou la contribution. Certains savent qu’ils perdent sur chaque transaction mais espèrent se récupérer sur le volume.

"Global Britain"

Après sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni a pour ambition de se muer en « Global Britain » et de renouer avec une vision plus ouverte sur le monde. Une alternative qui amène le pays à regarder plus sérieusement vers l’Afrique.

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