Les médias traditionnels en difficulté face au numérique

Jean-Charles Simon, Président de Stacian, Associé-gérant d’Optimvest – Janvier 2017

La difficulté d'exister sur le marché publicitaire

Pour Jean-Charles Simon, si les médias « traditionnels » sont mis en difficulté par la révolution numérique, c’est d’abord sur le plan économique : face à Twitter et Facebook, il est de plus en plus difficile pour les médias, et notamment la presse écrite, d’exister sur le marché publicitaire. Par ailleurs, Jean-Charles Simon note que la révolution se fait aussi en matière de contenu : l’avènement des réseaux sociaux a transformé notre façon de s’informer et aujourd’hui chacun relaye, voire même produit, des informations, au même titre que des journalistes ou des experts. Les médias « traditionnels » ne détiennent donc plus ce qu’il appelle « le monopole de la parole publique » et c’est leur légitimité ainsi que leur plus-value qui se trouvent remises en question par les réseaux sociaux.

Les médias victimes des ``Fake news``

C’est également cette crise de légitimité que subissent les médias qui explique selon lui la montée en puissance des « fake news » : les médias étant considérés comme partie prenante d’un « système » qui manipulerait l’opinion, les mensonges et « alternative facts » deviendraient alors « préférables ». Pour Jean-Charles Simon, c’est l’investigation et l’analyse des faits, sans jugement de valeur, qui doit redevenir le centre de l’activité des médias si ceux-ci veulent espérer rester les « principaux nourriciers » de l’information. Pour lui, il est d’ailleurs impossible de lutter contre le phénomène de déformation de l‘information, créé par les algorithmes.

Si la crédibilité des médias a été entamée par les échecs de prévision des sondages notamment lors des dernières élections américaines, Jean-Charles Simon rappelle que, d’un point de vue scientifique, un sondage est une photo de l’opinion à un moment donné et aujourd’hui l’opinion se fait de plus en plus volatile : les sondages n’ont donc pour lui pas perdu leur valeur en tant que telle, ils sont cependant à relativiser car aujourd’hui dans le flux continu de l’information, ils peuvent être obsolètes quelques heures plus tard.