Le marché de l’art s’adapte à la crise et aux évolutions

Quelles sont les grandes tendances du marché de l’art au premier semestre 2016 ?

Le premier semestre 2016 est marqué par une baisse du chiffre d’affaires de 16% qui a principalement impacté le secteur de l’art contemporain. Elle s’explique par la pénurie d’œuvres exceptionnelles dans l’art contemporain (c’est-à-dire les œuvres de plus de 10 millions de dollars), la crise économique et financière et un phénomène d’ajustement logique après années excès (2013, 2014).

De plus, l’argent est bon marché donc se séparer d’œuvre de qualité n’est pas considéré comme une bonne décision. Acheteurs comme vendeurs attendent que le monde s’apaise. Par conséquent, les maisons de vente sont plus prudentes et mettent des estimations plus raisonnables tout en limitant les garanties. De leurs côtés les acheteurs sont aussi plus sélectifs. Ainsi, si la 43ème édition de la Fiac s’est bien passée, les collectionneurs internationaux furent bien moins nombreux en raison du contexte économique et politique tendu (économie à la traine, élections américaines). Dans le haut de gamme ce sont les œuvres sur toile qui demeurent les plus demandées.

Doit-on avoir des inquiétudes concernant le marché de l’art pour les années à venir ?

Non pas vraiment car si le chiffre d’affaires baisse, en revanche on voit augmenter le nombre de transaction de +3,2%, toutes spécialités confondues. De plus, les maisons de vente ont réussi à adapter leurs stratégies : la rétention des chefs d’œuvres contraste avec une meilleure rotation des autres pièces présentes sur le marché de l’art. Le taux d’invendus reste stable (inférieur à 28%). L’intensification des échanges et la stabilité du taux d’invendus améliorent la liquidité du marché.>

En outre, la demande demeure importante et se consolide grâce à un accroissement du nombre de collectionneurs de 500 000 à l’après-guerre à 70 M aujourd’hui. Ces mêmes collectionneurs sont plus jeunes. D’autres facteurs entrent en jeu : 700 nouveaux musées ouvrent chaque année, les œuvres sont plus accessibles (street art, bandes dessinées, design…) et la dématérialisation des ventes permet une couverture plus des ventes et une habitude de suivre les ventes en lignes plus importante. Enfin, le marché de l’art gagne de nouvelles zones géographiques comme la Corée du Sud, l’Indonésie et les Philippines).

Quelle est la place de la France sur ce marché ?

La France est passée de la première place il y a 60 ans à la 4ème aujourd’hui (4,6% du marché) très loin derrière le trio de tête Chine (35,5%), Etats-Unis (26,8%) et Grande Bretagne (21,4%). Les artistes Français contemporains sont moins côtés : ils manquent de visibilité et les institutions préfèrent parfois exposer les artistes étrangers qui ont des côtes plus élevées. Il en va de même des collectionneurs. Mais le marché français est dense et très diversifié. La maison Artcurial reste un acteur important dans le segment de l’art contemporain en France.

Dans ce contexte, quel est le rôle de Neuflize OBC Art ?

Parce que nous le constatons – ce marché de l’art est complexe et parfois tendu-, Neuflize Art offre à ses clients l’opportunité d’accéder de précieux conseils dans la gestion de leurs collections d’art. Nous sommes là pour accompagner nos clients à la fois dans la valorisation, mais aussi lors de l’achat ou de la vente d’œuvres d’art. Pour les ventes aux enchères nous sélectionnons la meilleure stratégie en fonction de l’œuvre (lieu, date de vente…) afin de maximiser le potentiel de vente des œuvres. Pour les ventes de gré à gré nous travaillons dans la plus grande confidentialité et en toute transparence avec les clients qui viennent nous voir.

Le saviez-vous ?

La Chine retrouve la première place sur le marché, avec un chiffre d’affaires en hausse 18%. Hong Kong est la place forte du marché, enregistrant une hausse de 10%.