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L’Intelligence Artificielle, un argument essentiel pour lever des capitaux ?

Phénomène à la fois technologique et marketing, l’IA (Intelligence Artificielle) est partout : dans les objets du quotidien, les biens et les services. Les Start-ups françaises surfent sur cette vague et les structures spécialisées sont au premier rang en Europe en termes de levées de capitaux. Elles devancent maintenant les britanniques.

Des géants de la Silicon Valley aux jeunes pousses, en passant par l’industrie traditionnelle et la consommation, l’Intelligence Artificielle (IA) est désormais partout. Ses applications sont multiples et elle peut être utilisée dans de nombreux secteurs : la santé (médecine préventive, diagnostic médical…), l’optimisation des chaînes logistiques, la robotique, ou encore les transports (conduite autonome…). Le consommateur commence à bénéficier des innovations de l’IA dans sa vie quotidienne et les assistants vocaux sont emblématiques du potentiel de marché associé à l’IA. Ainsi, l’Intelligence Artificielle est devenue en quelques années un argument clef pour lever des fonds.

Les jeunes pousses françaises au premier plan de l’IA

MMC Ventures Capital est un spécialiste britannique reconnu du capital–risque. Selon une étude publiée en mars 2019, les Start-ups européennes utilisant l’IA, lèvent de 20 à 50% plus de capitaux que les sociétés ne faisant pas appel à cette technologie. Les entreprises françaises l’ont bien compris. Une conférence « France is AI » a même été organisée par l’association France Digitale le 23 octobre 2019 au sein de l’incubateur Station F à Paris. À cette occasion, une étude a été publiée sur le financement des Start-ups françaises de l’IA. Les jeunes pousses françaises se placent pour la première fois en 2019 au premier rang des investissements en Europe avec des levées de fonds cumulées de 1,14 milliard d’euros entre 2014 et 2019. Elles se positionnent juste devant les britanniques, qui les avaient dominé pendant longtemps. Cette enquête fait écho à celle publiée il y a quelques mois par la BPI (Banque Publique d’Investissement). Elle dénombrait 660 Start-ups françaises dans le domaine de l’IA dont plus de 250 avaient levé des fonds. L’étude pointait une accélération dans les créations de structures spécialisées dans l’IA (371 Start-ups créées entre 2015 et 2018, contre 71 entre 2007 et 2010).

Une définition et un champ d’action complexes

Ce dynamisme ne doit toutefois pas cacher le fait que le terme d’IA peut parfois être utilisé de façon abusive. Selon l’étude de MMC Ventures, portant sur l’analyse de 2 830 Start-ups européennes dans lesquelles des fonds ont été investis, 40% d’entre elles n’ont pas en réalité de composantes IA dans leur technologie. En effet, la définition de l’IA reste floue et pour le Larousse, elle constitue « l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence ». Une définition suffisamment large pour qualifier un grand nombre de projets, mais aussi pour conduire certaines entreprises à associer l’utilisation d’un simple algorithme à de l’IA.

Des avis et positions divergentes

Entre le patron de la recherche en IA de Facebook, Yann Le Cun, qui affirme qu’elle va atteindre le même niveau que les humains et Luc Julia, le fondateur de Siri qui considère que l’IA n’existe pas, difficile de se faire une idée des capacités réelles de ces nouvelles approches. Il est certain que quelques–unes d’entre elles ont accompli des prouesses comme de parvenir à battre un joueur de go, mais elles possèdent aussi de nombreuses limites. Elles ne sont capables pour l’instant que de mener une seule tâche : celle qui leurs est assignée.

L’IA, facteur de compétitivité et de croissance

L’État français, conscient de ce potentiel, a défini une stratégie nationale baptisée « AI For Humanity ». Elle a été présentée par le Président de la République en mars 2018 avec un volet industriel et économique décliné au mois juillet 2019. Cette stratégie vise à faire émerger des champions français de l’IA en s’appuyant sur huit grandes entreprises françaises : Thales, Valeo, Air Liquide, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran et Total. Elles doivent d’ici la fin de l’année définir un plan commun pour mettre l’IA au service de l’industrie. Une étape indispensable pour conserver une souveraineté nationale voire européenne dans ce domaine.

Les fonds levés par les Start-ups européennes proviennent en grande partie des États-Unis, qui constituent l’un des pôles d’innovation majeur dans ce domaine. Ainsi entre 2014 et 2019, les acteurs américains ont acquis 99 pépites européennes. Cependant, depuis 2017, la Chine a dépassé les États-Unis et selon le cabinet ABI Research, les Start-ups chinoises de l’Intelligence Artificielle ont capté près de 5 milliards de dollars en 2017, contre 4,4 milliards pour leurs homologues américaines. L’IA constitue un des enjeux importants de la guerre commerciale que se livre les États-Unis et la Chine. Une bataille qui n’est pas prête de s’achever.

Des exemples de levées de capitaux

Les levées de fonds dans l’Intelligence Artificielle peuvent être d’un montant très variable. Parmi les très grosses opérations récentes figure la Start-up française Meero, spécialisée dans la retouche automatique de photos grâce à l’intelligence artificielle, celle-ci a réalisé cette année la troisième plus grosse levée de fonds de l’histoire de la French Tech avec 205 millions d’euros supplémentaires. Une somme record à comparer aux 1,5 millions obtenus cette année par Datexim, une Start-up française spécialisée dans les solutions de télé-pathologie et d’aide au diagnostic en cytologie, notamment dans le dépistage du cancer du col de l’utérus, basées sur l’Intelligence Artificielle. Entre les deux, Another Brain, la Start-up lancée par Bruno Maisonnier, le créateur des robots humanoïdes Nao et Pepper, a levé au mois d’octobre 2019, 19 millions d’euros pour développer une IA de nouvelle génération appelé IA Organic qui s’inspire du fonctionnement élémentaire du cortex cérébral.

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