L’intelligence artificielle gagne le marché de la santé
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L’intelligence artificielle gagne le marché de la santé

L’intelligence artificielle suscite l’intérêt des entreprises pharmaceutiques comme des géants du numérique. Entre la collecte des données scientifiques, l’imagerie médicale et la thérapie numérique, le potentiel d’applications est immense.

L’intelligence artificielle (IA) est appelée à devenir le véritable « système nerveux » du système de santé de demain, selon Accenture. Certes, le recours aux algorithmes ne fait pas encore partie de la panoplie courante du médecin de famille. Mais depuis le début de la décennie, les applications de l’intelligence artificielle dans la santé se multiplient.

L’intérêt des entreprises pharmaceutiques

Les acteurs traditionnels de la santé ont fort à faire pour contenir l’offensive des entreprises du numérique attirées par un marché qui devrait atteindre 6,6 milliards de dollars dès 2021, selon Frost & Sullivan. Outre IBM avec le très médiatisé Watson, ce marché intéresse également Google qui a racheté la start-up britannique DeepMind, partenaire de différents hôpitaux, mais aussi Amazon qui a lancé un laboratoire d’intelligence artificielle dans la santé.

Collecte de données scientifiques

La force du logiciel est sa capacité à analyser une masse colossale de données complexes. Il est impossible pour un expert humain de rester à la pointe de la connaissance. Le corpus scientifique s’enrichit chaque jour de milliers d’articles, des millions d’octets de données qu’un algorithme peut analyser en un clin d’œil. Mais la capacité de calcul n’est rien sans la possibilité de collecter des données épidémiologiques à grande échelle. En fait, les freins au développement de l’intelligence artificielle ne sont plus d’ordre technologique. Ils se situent du côté de l’accès aux données médicales individualisées. Sur ce chapitre, les débats sur le respect de la vie privée sont loin d’être clos.

L’aide au diagnostic

L’aide au diagnostic représente un développement spectaculaire de l’intelligence artificielle en matière de santé. Il faut toutefois se garder d’imaginer un genre de Dr House informatique capable de comparer les symptômes d’un patient à des centaines de milliers d’autres cas pour identifier la pathologie et indiquer le bon traitement. Watson, la plate-forme « cognitive » d’IBM, représente une belle réussite marketing.

Toutefois, une enquête récente de STAT a démontré qu’en réalité l’intelligence de Watson reposait encore largement sur le jugement d’experts humains. En oncologie à ce stade le logiciel s’en remet encore largement à l’avis des praticiens du Sloan Kettering Institute. Du reste, les firmes de haute technologie se gardent bien de laisser entendre que l’IA pourrait un jour évincer les médecins. L’objectif est plutôt de remettre l’homme de l’art au centre de la relation avec le patient en lui offrant la possibilité de cultiver le côté humain de son métier en le déchargeant de tâches plus routinières.

L’imagerie médicale se prête particulièrement bien à la révolution de l’informatique.

Les perspectives en imagerie médicale

D’ores et déjà, les disciplines fondées sur l’analyse de signaux sont en voie de bouleversement. L’imagerie médicale se prête particulièrement à la révolution de l’informatique. D’un observateur à l’autre, l’interprétation des clichés médicaux souffre d’une importante variabilité, ce que le logiciel permet d’éliminer. La firme azuréenne Median Technologies a ainsi développé une technologie qui permet de détecter et quantifier automatiquement les lésions cancéreuses sur les radiographies. Cette plate-forme est commercialisée à la fois auprès des hôpitaux et des firmes pharmaceutiques pour assurer la cohérence des résultats lors d’essais de traitements anti-cancéreux.

La voie de la thérapie numérique

Le logiciel permet également d’envisager des thérapies numériques (autrement dit, un traitement sous forme d’application). La société américaine Omada Health a développé un programme pour les personnes à risque de maladies chroniques – souvent liées à l’hygiène de vie. Son application Prevent allie thérapies comportementales, aide en ligne et capteurs d’activité, et n’a rien d’un gadget. Plus de 80% des participants vont au bout des 16 premières semaines du programme, un taux d’adhésion supérieur à ce qu’on observe avec la prise de pilules et ses résultats (perte de poids et amélioration des analyses sanguines) ont été validés lors d’essais cliniques rigoureux. Les employeurs comme les assureurs sont très intéressés par ce programme qui permet des économies significatives en termes de frais de santé.

58% des grandes entreprises pharmaceutiques et 50% des groupes présents dans la santé au sens ont déjà fait appel avec succès à l’intelligence artificielle.

  • Etude Infosys/Vanson Bourne portant sur Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Allemagne, Australie, Chine et Inde

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