Les femmes gagnées par la création d’entreprise

Le nombre de femmes chefs d’entreprise reste très minoritaire. Pourtant, les femmes sont de plus en plus nombreuses à vouloir créer leur entreprise et elles représentent désormais 40% des créateurs de micro-entreprises. Pour les accompagner, les pouvoirs publics, les banques et les réseaux se mobilisent.

Devenir chef d’entreprise, et surtout le rester, est un rêve difficilement accessible pour les femmes. Toutefois, les choses changent en Europe et en particulier en France. Selon la plateforme de financement participatif Anaxago, 30% des entreprises françaises sont actuellement créées, puis dirigées, par des femmes. Un chiffre encore supérieur pour les micro-entreprises où elles représentent 40% des créateurs d’entreprise. Ces femmes entrepreneurs sont généralement plus diplômées que leurs homologues masculins. En effet, 72% d’entre elles disposent d’un niveau de diplôme entre le master et le doctorat contre 62% des hommes dirigeants d’entreprises.

Un manque de financement marqué dans certains secteurs

Les entreprises de femmes diplômées ont souvent un taux moyen de survie de 5 ans supérieur à celles des hommes. Malgré cela, elles n’ont pas le même accès aux financements et dans certains secteurs (par exemple, les nouvelles technologies) elles subissent l’effet d’un plafond de verre. Selon Anaxago, près de la moitié des dirigeantes d’entreprises associent l’échec de leur création d’entreprise au manque de financement. En effet, le taux de rejet de crédit demandé par des créatrices d’entreprises serait de 4,3% contre 2,3% pour les hommes (près du double). L’écart est encore plus flagrant dans le secteur des nouvelles technologies. Selon le baromètre StarHer et KPMG, en 2018, les startups dirigées ou codirigées par des femmes ont levé 239 millions d’euros, soit à peine 6,6% du montant total (3,62 milliards d’euros).

Des initiatives multiples pour aider les femmes créatrices d’entreprise

De nombreuses initiatives ont été mises en place pour remédier à ce manque de soutien. Elles proviennent du gouvernement, des collectivités locales et d’acteurs privés comme les banques ou les réseaux féminins. En effet, depuis plusieurs années, des acteurs publics ou privés se mobilisent pour promouvoir l’entrepreneuriat des femmes.

Des financements dédiés ont été créés avec des systèmes de garanties pour faciliter l’accès au crédit bancaire.

La garantie égalité femme (accessible auprès de France Active, un réseau d’aide aux créateurs d’entreprise) couvre jusqu’à 80% d’un emprunt bancaire dans la limite d’un montant de 50 000 d’euros. Initiative France propose de son côté des prêts d’honneur d’un montant compris entre 2 000 et 50 000 euros. Cet organisme public mène aussi des actions locales pour promouvoir la création d’entreprise par les femmes. Il organise notamment des concours depuis plusieurs années, c’est le cas par exemple en Ile-de-France avec « Créatrices d’Avenir » et en Bourgogne Franche-Comté avec « Initiative au Féminin ». Ces évènements sont l’occasion de déconstruire les stéréotypes, de mettre en avant des femmes chefs d’entreprises afin de démontrer qu’elles ont les mêmes capacités que les hommes et d’aider ces femmes à travers des financements dédiés ou l’accès à des experts. Ces initiatives viennent compléter de nombreuses autres à l’échelle régionale, les femmes peuvent avoir accès à des aides des collectivités locales, des chambres de commerce et d’industrie ou des préfectures. Ces établissements publics disposent de programmes dédiés à l’accompagnement des créateurs d’entreprises et en particulier des femmes. Par ailleurs, selon la Fédération Bancaire Française (FBF), plusieurs banques ont signé des partenariats avec le Ministère des Droits des Femmes ou le Secrétariat d’État en charge de l’égalité femmes/hommes, ou sont partenaires d’associations dédiées à l’entrepreneuriat féminin.

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Les femmes peuvent aussi compter sur leurs propres réseaux. Ces réseaux leur permettent d’échanger des bonnes pratiques, de trouver des conseils ou encore des aides pour se lancer ou développer leurs activités. Il peut s’agir de réseaux d’entreprises, IBM France a par exemple été la première à disposer de son réseau interne, mais aussi des banques. Ils peuvent être aussi plus transversaux : « Willa », par exemple, est un réseau dédié à l’incubation d’entreprises innovantes dont l’objectif est de favoriser la mixité. Il a pour objectif d’inciter les femmes à entreprendre, à innover et à oser aller dans des univers encore majoritairement masculins.

Le principal axe pour développer l’entrepreneuriat féminin à long terme semble rester lié à l’éducation.

Il faut convaincre les petites filles et les adolescentes que l’entrepreneuriat est une belle aventure dans laquelle elles ont toute leur place.

Et là encore, les acteurs publics comme éducatifs sont de plus en plus à la manœuvre. Début mars, le ministère de l’Education nationale a organisé une semaine de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin. Dans de nombreuses régions, des femmes entrepreneurs se sont rendues dans les collèges et les lycées afin de faire évoluer les mentalités et les représentations et de détailler les soutiens possibles à la création d’entreprise. Les écoles de commerce s’y sont également mises. L’école de Management de Grenoble a ainsi créée une chaire sur l’entrepreneuriat et l’intrapreunariat féminin et a lancé un incubateur pour la région Auvergne Rhône Alpes qui vise à stimuler et à recréer de l’emploi dans les campagnes via l’entrepreneuriat féminin. Ces écoles, à l’image aussi de HEC qui va à la rencontre des femmes dans des quartiers en difficulté, ne se contentent ainsi pas à sensibiliser et de mobiliser leurs étudiants. Des initiatives qui à terme devraient changer les mentalités.

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