Les 6 conseils d’Anne Flamant aux producteurs

Le métier de producteur de cinéma n’est pas une activité sans risque. Plus de 200 films sont produits en France chaque année, souvent dans une économie difficile et après des années de développement. Retrouvez ici les conseils d’Anne Flamant, directrice du département Cinéma et Audiovisuel de Neuflize OBC, première banque du cinéma français depuis plus de 40 ans.

Anne Flamant
Anne Flamant
Cinéma et audiovisuel
Après un magistère de finance d'entreprise et gestion bancaire et une spécialisation en finance de marché à la Sorbonne, Anne Flamant a choisi de s’investir professionnellement dans le financement de l’économie réelle. Après une première expérience de 5 ans dans le groupe BNP Paribas au Portugal, où elle gère les comptes des filiales des grands groupes français, elle se consacre depuis près de 20 ans au financement des entreprises du cinéma et de l’audiovisuel et à l’accompagnement patrimonial des entrepreneurs et talents de ce secteur.

Les 6 conseils d’Anne Flamant aux producteurs

1. Constituer une équipe soudée

Le producteur doit s’entourer d’une équipe solide, disponible et polyvalente. L’harmonie et la complémentarité au sein de l’équipe permettront d’atténuer les coups durs et les mauvaises nouvelles, inévitables dans le cadre d’un projet de long métrage. La confiance réciproque entre le réalisateur et le producteur et une vision partagée du rôle de l’un et de l’autre dans la production d’un film sont pour moi le facteur clé de succès. L’absence de ces éléments peut expliquer certains des échecs observés. Il doit également travailler avec des professionnels expérimentés et fiables (banque, assurance, avocats…) qui lui proposeront les solutions et les conseils les plus adaptés à chacun des problèmes rencontrés.

2. Investir dans le scénario

Le producteur amorce le développement du projet avec l’écriture du scénario. Cette période peut s’avérer longue, difficile à financer auprès de partenaires externes. Aussi, elle se fait souvent sur les fonds propres du producteur, par crédit, ou à travers la mobilisation du fonds de soutien. Cette étape importante du scénario est souvent incertaine quant à son issue. Le projet deviendra-t-il un film ?

Et pourtant, un scénario auquel on a consacré du temps et du travail reste la clé pour maximiser ses chances de succès, tant en terme de potentiel commercial d’un film que dans la maîtrise de son budget. En raison des contraintes financières qui pèsent sur les producteurs et d’une certaine frilosité des chaînes et des distributeurs sur ce sujet, cette phase du scénario fait souvent l’objet d’un investissement insuffisant dans le cinéma français. C’est dommage.

3. Sécuriser le casting

Après avoir validé le scénario, le producteur peut concrètement réfléchir à la mise en production du projet. Il dispose généralement de peu de temps pour sécuriser le casting du film. Il est donc essentiel d’entretenir de bonnes relations avec les agents de comédiens pour s’assurer que les négociations aboutiront dans les délais impartis. D’un scénario et d’un casting solides, dépendra le montage financier de la production du film.

4. Choisir le bon distributeur

L’important est de choisir le distributeur (distributeur indépendant, groupe intégré, filiale de major américaine…) le plus adapté au genre et à la stratégie du film. Certains films ont besoin d’un accompagnement en profondeur sur le terrain et dans la durée, quand d’autres sont exposés dans un grand nombre de salles dès la première semaine de sortie. Le choix du distributeur va également conditionner l’intervention des chaînes de télévision en amont de la production du film.

Il est également nécessaire de s’assurer de la solidité financière du distributeur. En effet, le paiement du producteur et la prise en charge par le distributeur des investissements de sortie du film interviennent souvent une à deux années après le choix du distributeur par le producteur.

5. Partir sans gap de financement

Quand le scénario est abouti, le casting et le distributeur choisis, la banque étudie la solidité financière du projet pour mettre en place un crédit de production qui permettra au producteur de payer toutes les dépenses du film. À minima, le producteur doit réussir à couvrir le coût de fabrication de son film par des financements externes (chaines de TV, distributeur, aides financière diverses…). Si le producteur n’a pas réuni suffisamment de financements en amont, le gap financier en résultant pourra être dissuasif pour la banque car le risque pris sur les futures recettes du film (incertaines par nature) sera jugé trop grand.

6. Être accompagné par un banquier expert

Dans ce secteur très dynamique, qui compte de nombreuses petites et moyennes sociétés de production, il est primordial d’être accompagné par une banque qui sait à la fois analyser la solidité de la société et de ses projets. La bonne connaissance de ce secteur ne s’acquiert qu’avec l’expérience.

Le saviez-vous ?

En France, en 2017, on a dépassé les 209 millions d’entrées dans les salles de cinéma, soit le troisième meilleur résultat depuis 50 ans, et ce malgré la concurrence des sites de vidéos à la demande (Netflix, Amazon …), du piratage et des très populaires séries. La qualité et la capillarité du réseau de salles et la très grande diversité des films proposés expliquent cet excellent résultat.