Quand l’économie circulaire intègre le cycle immobilier
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Quand l’économie circulaire intègre le cycle immobilier

L’économie circulaire s’introduit dans l’immobilier, la construction, l’aménagement. Les récentes réglementations européennes et françaises accélèrent sa diffusion dans le bâtiment. Pour le secteur, le modèle économique qui repose sur le développement durable représente une opportunité.

En France, le secteur du bâtiment est responsable de près d’un quart des émissions de CO2, soit autant que l’industrie. La proportion des déchets du BTP atteint les 260 millions de tonnes générées (1), soit les trois quarts des déchets nationaux, en volume.

Réduire, réutiliser et recycler : l’économie circulaire peut s’avérer vertueuse dans ce secteur particulièrement marqué par le modèle linéaire qui consiste à extraire, fabriquer, utiliser et jeter. Son application nécessite une prise de conscience de la part des promoteurs et des investisseurs et une volonté de convaincre les particuliers de se tourner vers des matériaux recyclés.

Des objectifs réglementaires ambitieux

L’économie circulaire tente de répondre à la problématique posée par l’obsolescence programmée, qui suppose de jeter les produits une fois utilisés et d’en fabriquer toujours plus. Si elle est toujours plus d’actualité dans les produits de consommation courante, l’économie circulaire est un modèle plus difficile à mettre en œuvre dans la construction de logements.

La démolition et la rénovation d’immeubles génèrent le quart des déchets produits en Europe. Ils pourraient être réutilisés jusqu’à 90 %. Dès lors, la contrainte se durcit. La loi de transition énergétique (2) prévoit de recycler ou réemployer 70 % des déchets du BTP d’ici 2020. Et en 2017, la Commission européenne a adopté de nouvelles mesures pour limiter à 5% la mise en décharge de l’ensemble des déchets d’ici 2030.

Recycler les déchets du bâtiment

Appliquée aux entreprises du BTP, ce schéma vertueux se fixe deux objectifs : réduire les impacts environnementaux des chantiers et gérer de façon plus optimale les déchets. En pratique, cela implique de conserver au maximum les bâtiments existants et de privilégier la rénovation. La création d’une carte d’identité du bâtiment pour répertorier tous les matériaux permettrait de faciliter sa déconstruction.

La démolition et la rénovation d’immeubles génèrent le quart des déchets produits en Europe.

Des constructions responsables

À Las Vegas, en 2012, Scott McCombs, un entrepreneur local, a utilisé les déchets provenant de la consommation d’alcool de la ville pour construire le plus grand bâtiment au monde en matériaux recyclés. 500 000 bouteilles de bière jetées par les hôtels ont été utilisées. Après les avoir broyées et mélangées à des « cendres » produites après combustion de charbon, il a obtenu le « Greenstone », une pierre ocre avec laquelle il a érigé un bâtiment de 10 000 m2.

Aux Pays-Bas, l’entreprise StoneCycling s’est quant à elle spécialisée dans la fabrication de briques à partir de matériaux industriels recyclés : verre, céramique, produits d’isolation, briques et gravats collectés à moins de 150 km de l’usine. Surnommées nougat, aubergine, salami tranché ou caramel, champignon et wasabi, ses briques permettent de bâtir une maison, dont le premier exemplaire est en construction à Rotterdam.

En France, les initiatives se multiplient

En France, le collectif d’architectes Bellastock a réutilisé une partie des matériaux issus de la déconstruction d’ateliers d’une friche industrielle de l’île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour aménager un écoquartier. Par exemple, les bétons des poutres porteuses ont été découpés pour constituer des pavages extérieurs.

Bouygues Immobilier mène actuellement une expérience à Bagneux (Hauts-de-Seine), sur un ancien site du groupe pharmaceutique Sanofi. Le promoteur immobilier vise un objectif de recyclage de 80% des matériaux des bâtiments détruits.

(1) connaissancedesenergies.org

(2) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte

400 millions de tonnes de déblais – l’équivalent de sept pyramides de Khéops – vont être excavés d’ici 2030 pour permettre l’aménagement du réseau Grand Paris Express. Ils pourraient, selon certains architectes, être recyclés en terre crue. Ce matériau qui a servi à édifier la grande muraille de Chine ou l’Alhambra est une tradition abandonnée après 1945 dans les pays riches. En France, 15% du patrimoine architectural est en terre crue. Cette matière recyclable à l’empreinte écologique proche de zéro parait idéale : sans transformation chimique, peu chère, elle s’intègre dans le paysage et conserve la chaleur.

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