L’avenir réside dans l’entreprenariat

Y-a-t-il un intérêt au French Bashing ? Il n’y en a aucun selon l’économiste Nicolas Bouzou Directeur d’Astères, une société d’analyse économique et de conseil.
Neuflize OBC

Comment réconcilier la France qui réussit et celle qui décroche ?

Effectivement, il y a deux France. Actuellement dans un processus de « destruction-créatrice », une partie de la France bénéficie de la création, une autre souffre de la destruction. En effet, on observe un peu partout en France le mouvement de création d’acteurs portés par leur optimisme. Ainsi à Grenoble, à Marseille avec le projet EuroMediterrannée, ou encore en Ile-de-France avec le plateau de Saclay, l’innovation est en marche.

L’avenir réside dans l’entreprenariat, dans les nouvelles façons d’exercer son métier et dans les nouveaux modes de travail. Ce discours politique doit être précédé de la construction de discours conçus par les intellectuels mais surtout par les entreprises, les syndicats, les fédérations professionnelles. En fait, tous les corps intermédiaires doivent prôner cette ligne de conduite, mais aujourd’hui ils sont encore trop faibles en France et ne s’expriment pas assez sur ces sujets.

A l’inverse, dans la banlieue de Châlons-en-Champagne, en partie à Limoges, en Franche-Comté, voire en Lorraine, la destruction est à l’ordre du jour. Notre discours doit s’adapter spécifiquement à ces populations qui subissent la destruction. En effet, il apparait essentiel d’expliquer que l’avenir n’est ni dans le repli nationaliste, ni dans la décroissance, deux tentations pourtant présentes en Europe.

Comment lutter contre le French Bashing ?

Le French Bashing ne sert à rien. Au contraire, il conforte certains Français dans leur dépression. Dire que la France a décroché, que tout va mal, incite les citoyens à considérer les difficultés du pays, dont certaines sont réelles, comme une fatalité. Cependant, le tableau n’est pas si noir, et surtout pas inamovible. La France est un pays très innovant ou l’entreprenariat est très présent et dynamique. Ces facteurs construisent un terreau très intéressant. Pour autant, il ne faut pas refouler les problèmes.

Quels sont les principaux problèmes que vous identifiez ?

Le marché du travail et le système éducatif cristallisent de nombreuses difficultés. Regarder la situation, c’est commencer à y apporter des solutions. Or ce sont deux domaines où l’on peut parfaitement mener, ce que les anglo-saxons appellent les « evidence-based politicies ». Des politiques fondées sur l’ensemble des connaissances accumulées ces dernières années, en particulier dans le domaine des sciences sociales et qui nous permettent de faire les bonds nécessaires à notre pays. Selon une formule qui peut paraître tautologique, « quand on aura réglé nos problèmes on ira très bien ! ». J’entends par là, qu’une fois nos problèmes identifiés, nous pouvons plus facilement les régler. La France pourra redevenir un pays où il sera très agréable de vivre, tout en étant prospère.