L’ascenseur social semble en panne

Sylvie Ohayon, scénariste et réalisatrice revient sur son parcours professionnel.
Neuflize OBC

Est-il plus difficile de réussir quand on vient de banlieue ?

Oui parce qu’enfant on ne nous transmet pas les codes de la culture. Très peu de parents ont la démarche d’emmener leurs enfants au théâtre, au cinéma ou pratiquer d’autres activités culturelles. Même s’il existe des structures, des bibliothèques, des médiathèques, l’accès aux livres et à la culture reste limité. Se tourner vers la culture n’est pas un réflexe naturel.
Adhérer à ce que représente l’école, comme je l’ai fait, choisir une université comme Paris IV, une université littéraire, n’avait rien d’évident à l’époque. Il fallait vraiment montrer sa motivation. J’étais une enfant née dans un milieu modeste. La priorité de mes parents n’était pas d’ouvrir l’esprit de leurs enfants mais de les nourrir, de les habiller correctement et de faire en sorte qu’ils aillent à l’école en temps et en heure. On le sait, le rôle des parents est déterminant pour apprendre aux enfants le respect d’une structure républicaine comme l’école et leur donner le sens de l’effort et du travail. J’ai eu la chance de franchir la porte d’une bibliothèque à 9 ans, de rencontrer Emile Zola. Depuis, les livres ne m’ont plus quitté.

Quelle serait votre principale mesure pour favoriser la réussite en banlieue ?

Si j’en avais les moyens, je créerais des ateliers de lecture obligatoires. Je mobiliserais les parents. Je pense qu’il est déterminant de responsabiliser les parents, y compris par des sanctions. Les moyens financiers alloués à l’école, y compris dans les ZEP ont diminué. Est-ce dû à l’accélération et à la multiplication de l’information, je ne saurais le dire mais la figure tutélaire de l’enseignant s’est affaiblie. Par ailleurs, je suis convaincue que des mesures simples comme le retour de la blouse permettrait de sanctuariser l’école.