L’art nouveau, la belle endormie ?
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L’art nouveau, la belle endormie ?

Délaissé par de nombreux collectionneurs, le marché de l’art nouveau est revenu à la raison. Il est riche de bonnes opportunités pour les amateurs de ce style fleuri.

L’art nouveau ne remporte plus les faveurs des acheteurs. Les prix n’ont cessé de chuter depuis les sommets des années 80. Un vase Louis Gallé pouvait alors atteindre des records, jusqu’à 7 millions de francs (plus d’1,3 million d’euros), par exemple, pour le vase Repos dans la solitude vendu à Tokyo en 1990. 4 ans plus tard il se vendait 780 000 francs (190.196 euros).

Les collectionneurs japonais, américains, les locomotives de ces ventes notamment ont cessé de tirer les prix vers le haut. Dans ces conditions, le marché reste très accessible pour les collectionneurs. Il est possible de s’acheter une petite table Louis Gallé pour un peu plus de 2.500 euros ou une paire de chaises Majorelle pour moins de 10.000 euros.

Des opportunités d’investissement

Ce sont donc d’excellentes conditions pour constituer une collection pour les amateurs, y compris pour acquérir des pièces majeures. Un piano d’une grande rareté, signé Louis Majorelle Victor Prouvé, intitulé La mort du signe, ne s’est vendu que 300.750 euros en 2014, pourtant pressenti entre 500.000 et 700.000 euros.

Même prix très attractif pour une extraordinaire tête de lit en bois, sculptée en forme de paon, ayant appartenu à Sacha Guitry et collectionnée par Jane Fonda qui ne s’est vendue que 5.500 euros en avril 2013.

Cependant, les plus belles pièces qui réunissent un excellent pedigree de création et un nom connu continuent à réaliser de belles performances.

Les grandes ventes font l’exception

La vente majeure réalisée en 2014 de la collection Garden Museum réunie par le japonais Takeo Horiuchi avec ses 140 lots, estimés 4 millions d’euros est à cet égard très significative. Le bureau aux orchidées de Louis Majorelle estimé entre 250.000 et 350.000 euros a été adjugé au prix fort. Le fauteuil nénuphar, toujours de Louis Majorelle est parti à 84.750 euros alors qu’il était estimé entre 25.000 et 30.000 euros. Belle performance aussi pour le vase parlant d’Emile Gallé, estimé entre 80.000 et 120.000 euros, parti à 192.750 euros. Les prix des œuvres de René Lalique se sont emballées. Et l’icone de la vente, présentée sur le catalogue d’exposition, une sculpture en bronze Femme ailée, présente sur le stand de l’artiste lors de l’exposition universelle de 1900 a dépassé le million d’euros.

Les plus belles pièces qui réunissent un excellent pedigree de création et un nom connu continuent à réaliser de belles performances.

Un regain d’intérêt ?

Avec près de 90% de lots vendus pour un total de 7 millions d’euros, des acheteurs russes, japonais, la vente de la collection Garden Museum a fait date. Peut-on parler d’un nouveau souffle pour l’art nouveau ? Quelques signes paraissent le confirmer. En 2015, un spectaculaire vase Les cigales, signé Jules-Auguste Habert Dys s’est vendu 196.000 euros. Il était estimé entre 8.000 et 12.000 euros.

Le 24 mai 2016, ce phénomène a paru se confirmer. On y a vu un vase de René Lalique, Trois figures d’hommes, créé en 1913, partir au très beau prix de 282.000 euros, le troisième prix le plus élevé pour un vase Lalique vendu aux enchères. Son acheteur, un collectionneur européen, l’a payé près du triple de sa plus haute estimation. En novembre 2016 la vente Louis Gallé a enregistré le très beau résultat de 1,45 million d’euros pour une vacation de 51 lots d’une très grande qualité. La prochaine édition de la TEFAF constituera un rendez-incontournable pour mesurer ce regain d’intérêt des acheteurs pour le style fleuri.

Avec le développement l’art nouveau, l’art du verre et de la pâte de verre ont connu une véritable reconnaissance. Des artistes comme François-Eugène Rousseau Louis Gallé, Henry Cros, René Lalique ou les frères Daum ont porté la verrerie a un niveau de sophistication jamais atteint.

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