L’art contemporain sans aucun complexe !

Avec sa société Artsper, François-Xavier Trancart souhaite décomplexer le rapport à l’art contemporain.
Neuflize OBC

Qu’est-ce qu’Artsper ? Comment l’idée vous est venue ?

Artsper est le premier site de vente en ligne d’œuvres d’art contemporain sélectionnées par des galeries. Avec plus de 600 galeries, principalement en Europe, nous voulons toucher les personnes qui s’intéressent à l’art mais n’y ont pas facilement accès.

Ceux qui vivent éloignés des grandes places de l’art contemporain, comme New York, Bruxelles, Londres n’ont pas facilement accès à ce marché. Certains amateurs n’osent pas toujours franchir le pas d’une galerie. Pour d’autres ce type d’investissement parait irréalisable au regard des prix atteints par certaines œuvres comme celles d’un Jeff Koons.

Avec ce site, on voulait décomplexer le rapport à l’art contemporain. Ce mode de communication, facilement accessible, nous paraissait donc constituer une bonne réponse aux besoins de tous ces amateurs d’art.

Vous évoluez dans un secteur assez élitiste. Pensez-vous que sa mutation passe par des site comme le vôtre ?

Nous sommes face à une réelle évolution du secteur. Nous l’avons constaté lorsque nous avons  formalisé notre business model. En effet, la multiplication des grandes foires a rendu l’art contemporain plus accessible avec le sentiment, parfois, d’être face à une offre quasiment illimitée.

Des acteurs comme Artsper, Artsy aux États-Unis, ou encore des maisons de ventes comme Sotheby’s qui s’associe à Ebay pour faire des ventes, contribuent à cette accessibilité. Des exemples qui montrent que l’art contemporain n’est plus réservé à une élite.

De quelle manière les galeristes, ou les nouveaux acteurs tels que vous, interviennent-ils sur ce marché en pleine évolution ?

La révolution numérique transforme le secteur de l’art contemporain. Internet permet de toucher de nouveaux acheteurs, qui n’avaient auparavant jamais investi dans une œuvre d’art. La transparence de l’information est une autre mutation importante. Aujourd’hui en quelques clics, on peut obtenir toutes les informations sur un artiste (son parcours, son profil, sa cote…). Ces éléments rassurent l’acheteur potentiel. Par ailleurs, les galeries jouent le jeu et affichent la plupart de leurs prix en ligne. Il y a encore trois ans, personne n’y croyait.

Pouvez-vous nous expliquer votre slogan : « l’art vous appartient » ?

À nos débuts, on nous a beaucoup dit que « nous démocratisions l’art contemporain ». Je n’aimais pas beaucoup ce terme car l’accès à l’art n’a jamais été réservé à certains privilégiés. C’est la raison pour laquelle je préfère le verbe décomplexer. Notre slogan est le résumé de cette vision. Vous pouvez acheter une œuvre d’art pour diverses raisons : l’installer dans votre intérieur et vous faire plaisir, devenir un grand collectionneur… Et cela sans dépenser une fortune. En bref « l’art vous appartient ».