L’âge d’or de l’animation française

L’animation française ne s’est jamais aussi bien portée. En 2015, les longs-métrages animés ont ainsi réalisé 29,8 millions d’entrées en France et dans le monde, selon une étude du CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) publiée en juin 2016. Une progression de 27,7% de la fréquentation qui s’accompagne d’une augmentation des recettes de 30,9 %, à 177,9 millions d’euros.

L’export bat des records

À l’export, l’année 2015 a été particulièrement faste, puisque les longs métrages français ont réalisé 21,2 millions d’entrées hors hexagone. C’est 5,7 fois plus qu’en 2014. Ce record est largement lié au succès du « Petit Prince » et ses 15,1 millions d’entrées, mais aussi d’« Astérix : le domaine des dieux » (3,1 millions d’entrées). À la télévision, la filière animation est également florissante. 45% de l’offre d’animation des chaînes nationales est hexagonale et les ventes à l’étranger constituent le premier genre audiovisuel à l’exportation, avec 45 millions d’euros en 2014.

Le succès de la « French Touch »

Reconnue mondialement pour son savoir-faire et la qualité de ses formations (notamment celle de la très prestigieuse école des Gobelins, à Paris), la « French Touch » sort peu à peu son épingle du jeu. Ainsi, face aux mastodontes américains Disney, DreamWorks et Pixar, de solides studios émergent, à l’instar de Method Animation, producteur du « Petit Prince », qui reste à ce jour le plus gros succès international pour un film d’animation hexagonal. Le studio Illumination-MacGuff a également fait parler de lui. Racheté en 2001 par Universal, il a su maintenir en France, malgré des capitaux majoritairement américains, la fabrication et la production de ses longs-métrages. On lui doit notamment les films « Moi, moche et méchant 1 et 2 » (respectivement 2,8 millions et 4,4 millions d’entrées en France), « Les Minions » (qui a rapporté 1,2 milliards d’euros au box-office mondial), « Comme des bêtes », ou encore « Tous en scène », film sorti le 25 janvier 2017 et qui cumule déjà plus de 3,35 millions d’entrées au box office France.

Enfin, récemment, la France a également créé l’évènement avec deux films, distingués dans les festivals, en France et à l’international : « La Tortue Rouge » (Studio Ghibli), qui a reçu le prix spécial Un certain regard à Cannes, et « Ma Vie de Courgette » (Blue Spirit Studio), qui a raflé le César du meilleur film d’animation et celui de la meilleure adaptation en 2017.

Des effets positifs sur l’économie

Le dynamisme de l’animation française devrait encore se maintenir grâce à une série de mesures entrées en vigueur en 2016. D’une part, la réforme des aides à la production du CNC (COSIP animation). D’autre part, le renforcement du crédit d’impôt, dont le taux est passé de 20% à 25%. Ces mesures ont d’ores et déjà favorisé la relocalisation des dépenses de production. Ainsi, selon le CNC, 20% des dépenses sont aujourd’hui réalisées à l’étranger, contre 30% il y a 10 ans.

Le saviez-vous ?

La filière comptait quelque 5 300 salariés en 2014, un chiffre de hausse de 26% en 10 ans. Et la tendance qui devrait se poursuivre. Dans une interview aux Echos, le Syndicat des Producteurs de Films d’Animation (SPFA) assure que 600 à 1000 nouveaux postes devraient voir le jour entre 2016 et 2018. Preuve que le « Made in France » a encore de beaux jours devant lui.