La mode vintage dévoile ses atouts

Une génération passe, et souvent sont laissés dans l’oubli des merveilles qui ont été en leur temps le summum du luxe, du raffinement et de l’élégance. Délaissées, les « petites robes noires », enfouis les fourreaux du soir et tenues de cocktail, mis au rebut les tailleurs d’une autre époque… Avant de les reléguer aux oubliettes ou de s’en débarrasser, il ne faut pas aller trop vite, car il y a actuellement un véritable intérêt pour ces pièces de mode vintage.

Depuis quelque temps déjà on observe une évolution, notamment sur le marché des ventes aux enchères. Après les nombreuses ventes dédiées aux carrés Hermès vintage, par exemple, sont ensuite apparues les dispersions de robes de haute couture. Avec une prédilection pour les marques de luxe et les grands couturiers mythiques (Chanel, Hermès, Yves Saint-Laurent…).

L’expression d’un raffinement absolu

La vente aux enchères de la somptueuse garde-robe de Mouna Ayoub, en  2015, est d’ailleurs restée dans les mémoires, avec un résultat dépassant largement le million d’euros, doublant l’estimation initiale. Une vente-fleuve de 4 jours avec 3.000 pièces de collection quasi intactes signées des plus grands créateurs : Chanel, Dior, Gaultier, Alaïa, Balenciaga, Gucci… dont une robe du soir de Galliano, vendue plus de 8 000 euros…

La puissance de séduction de ces pièces vintage repose sans nul doute sur leur appartenance au monde du luxe : elles sont l’expression d’un raffinement absolu, et d’un savoir-faire exceptionnel, qui leur permet de traverser les décennies sans prendre une ride. On se souvient de Paloma Picasso, qui assumait sans complexe le look rétro des années quarante, à contrecourant de la mouvance hippie. Elle avait alors inspiré à Yves Saint-Laurent l’esprit d’une collection lancée en 1971, qui avait fait scandale. C’était déjà la genèse de la mode vintage, et le début de l’attrait pour des vêtements et accessoires auparavant considérés comme « passés de mode ».

La vente aux enchères de la somptueuse garde-robe de Mona Ayoub, en 2015, est restée dans les mémoires, avec un résultat dépassant largement le million d’euros, doublant l’estimation initiale.

De véritables œuvres d’art

L’engouement est tel que la fièvre a même gagné les Etats-Unis, où les mordues de mode débusquent sur les ventes du web les tenues couture vintage de leurs rêves. Il y a même plusieurs implantations de la fameuse boutique WGACA (What goes around comes around) à New York, Beverly Hills et Miami. Le succès autour des pièces signées Chanel ou Hermès ne faiblit pas. Un circuit de revente s’opère même tout naturellement, car les fashionistas n’hésitent pas à remettre sur le marché les pièces acquises et portées, pour céder de nouveau à la tentation et s’en offrir d’autres…

La mode vintage, c’est la fascination sans limite pour ces pièces uniques de créateurs ou de grands couturiers, ou pour ces vêtements d’un autre âge souvent perçus comme de véritables œuvres d’art, tant par la qualité de leur réalisation, que par leurs lignes intemporelles et leur style unique. L’exemple récent le plus marquant avait été en 2014 celui de la fascinante vente aux enchères consacrée à deux cents robes ultra-futuristes imaginées par Paco Rabanne. À notre époque, tout se recycle, même la mode, et avec souvent de belles surprises à la clé.

Le saviez-vous ?

En novembre dernier, la robe mythique de Marilyn Monroe du célèbre « Happy Birthday » a été vendue pour la bagatelle de 4,8 millions de dollars (soit 4,5 millions d’euros) dans une maison de vente aux enchères de Los Angeles. Ce célèbre et ensorcelant fourreau scintillant couleur chair, brodé de 2 500 cristaux, avait été porté à New York le 19 mai 1962 par Marilyn Monroe lors du 45e anniversaire de John Fitzgerald Kennedy.