vélo crise sanitaire

La crise sanitaire, accélérateur des mobilités douces

La révolution vélo est en marche ! Le vélo apparaît désormais en figure de proue des mobilités douces. En effet, la petite reine est, depuis la crise sanitaire, le moyen de transport le plus apprécié des citadins, des pouvoirs publics et des entreprises.

Le secteur du vélo présente des chiffres à faire pâlir d’envie de nombreuses industries et notamment le secteur automobile actuellement à la peine. En effet, ce marché se porte particulièrement bien, notamment depuis la crise sanitaire. Les rayonnages de cycles des magasins de sport comme Décathlon ou Intersport sont désespérément vides. Depuis la fin du confinement les ventes de vélos dans cette dernière enseigne ont été multipliées par 2,35 par rapport à l’an passé. Soit plus de 3 000 vélos vendus par jour depuis le 11 mai. Les hausses les plus notables sont à mettre à l’actif des Vélos à Assistance Électrique (VAE). Ils ont été très plébiscités ces dernières années et le phénomène semble s’accélérer depuis l’entrée en vigueur des nouvelles normes sanitaires. Ainsi, selon l’Observatoire du cycle, près de 400 000 VAE ont été vendus en France en 2019, contre seulement 15 000 en 2008. Le vélo électrique occupe désormais plus de 45% du marché du cycle en valeur et ce développement devrait continuer s’accélérer, alors que le Premier Ministre Jean Castex déclarait dans son discours de politique générale que « le plan de relance prévoira un plan vélo très ambitieux ».

Jusqu’à 600 euros d’aide pour acheter un vélo électrique

Pour développer ce marché et les mobilités douces de manière plus générale, les pouvoirs publics ont sorti les grands moyens. Les subventions proposées par les collectivités, bonus écologique de l’État et primes « énergie » permettent de réduire de 600 euros la facture d’un VAE dont le prix moyen est de 1 749 euros.

Au-delà de ces primes, les entreprises participent à une véritable « révolution ». En effet, officialisé par décret au mois de mai, le forfait mobilités durables permet aux employeurs d’accorder une aide allant jusqu’à 400 euros par an aux salariés venant travailler à vélo. Exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, ce forfait remplace l’indemnité kilométrique vélo mise en place en 2016. Plus simple, le nouveau système n’exige plus du salarié de justificatifs pour les kilomètres parcourus. Par ailleurs, ce forfait est cumulable avec la participation de l’employeur à l’abonnement de transports en commun même si l’avantage fiscal résultant des deux aides ne pourra pas dépasser le montant maximum entre 400 € par an et le montant du remboursement de l’abonnement de transport en commun. Pour les agents de la Fonction publique, l’aide est limitée à 200 euros par an et par salarié. Pour en bénéficier, le fonctionnaire devra être en mesure de justifier de ses déplacements à vélo ou en covoiturage pendant au moins cent jours sur l’année.

A noter

Selon l’Ademe, en troquant sa voiture pour une bicyclette, les salariés qui habitent à moins de 10 kilomètres de leur bureau économisent jusqu’à 1 300 euros par an.

Des entreprises passent au vélo de fonction

La banque d’affaires Morgan Stanley propose désormais des vélos électriques de fonction à 45 de ses salariés parisiens. L’employeur prend en charge 70% de l’achat du vélo électrique et le salarié les 30% restants. Un partenaire de la banque, Tim Sports, propose également un casque, un cadenas et une assurance. Ce dernier assure avoir convaincu d’autres grandes entreprises, comme Véolia, Microsoft, Euler Hermès, Havas Sport ou Kaufman & Broad. Toutes envisageraient à très court terme de se doter de flottes de vélos d’entreprises.

Pour l’entreprise, la petite reine présente de nombreux avantages

Des salariés moins stressés et en meilleure forme sont plus ponctuels, plus performants et plus motivés. Une étude de L’University of East Anglia menée pendant 18 ans sur un panel de 18 000 commuters (personnes effectuant des trajets quotidiens pour se rendre au travail), arrive à la conclusion qu’aller au bureau à vélo ou à pieds améliore le sentiment de bien-être.

Les villes investissent dans les pistes cyclables

Pour rendre la tendance pérenne, les infrastructures doivent suivre. Les pistes cyclables coûtent beaucoup moins cher à développer que les routes ou les lignes de métro, mais elles réclament une réelle volonté politique. Strasbourg s’honore depuis plusieurs années du titre de villes la plus cyclables de France (5ème ville mondiale dans le classement 2019 de Copenhagenize). L’agglomération offre plus de 600 kilomètres d’aménagements cyclables et un réseau de 6 000 Vélhop en libre-service, soit 16% de part modale pour le vélo.

Depuis quelques années, Bordeaux est dans sa roue. La ville girondine mène une politique vélo ambitieuse. Celle-ci a notamment abouti à la fermeture de l’historique pont de pierre à la circulation automobile. On y parcourt 700 kilomètres de pistes cyclables grâce, notamment à 1 700 V3 en libre-service, et une part modale de 8% pour la bicyclette.

Enfin, Paris a dépensé 150 millions d’euros depuis 2015 pour mettre en place un vrai réseau de pistes cyclables. Grâce à cet investissement le Réseau express vélo (REVe) rejoint le podium et atteint une 8ème place mondiale. Au total, 1 000 kilomètres de pistes cyclables ont été créés, soit le réseau le plus vaste de France. Par ailleurs, la Mairie souhaite généraliser les zones de circulation à 30 km/heure et mettre à la disposition des habitants plus de 10 000 places de parking pour vélo supplémentaires. La Capitale affiche une ambition de 15% de part modale accordée au vélo en 2020.

Si le vélo est pour l’instant la figure de proue des mobilités douces, il doit drainer dans son sillage d’autre formes de transports collectifs : navettes collectives, voiture partagées… pour répondre à tous les besoins, en toute saison.

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