immobilier exode urbaine

Immobilier, entre fantasme et réalité

Avec la crise sanitaire, le télétravail est véritablement entré dans les mœurs. Une démarche accélérée par le besoin d’espace et de vert exprimé par la plupart des salariés confinés à leur domicile avec leur famille. Pourtant, tous les éléments d’un nouvel exode urbain ne semblent pas en place.

L’augmentation du volume de transactions observée dans les premières semaines suivant le confinement est réelle et s’est poursuivie en juin. Les opérations immobilières ont connu une hausse de 35% (source Meilleurs Agents) par rapport à la même période l’année dernière, elle-même déjà exceptionnelle en termes de volume de ventes. Ce redémarrage en trombe des transactions se révèle significatif car il ne s’explique pas seulement par un phénomène de rattrapage du marché lié à la signature définitive des opérations commencées avant le 17 mars.

Une volonté d’espace freinée par les prix de l’immobilier

Les logements acquis sont-ils plus grands et répondent-ils à ce désir d’espace provoqué par le confinement ? Les habitants des grandes villes ont-ils fui pour la campagne ? Pas vraiment. Selon la dernière étude du réseau d’agences Century 21, la superficie moyenne d’une maison était de 115,7 mètres carrés avant le confinement, elle est de 115,2 mètres carrés depuis. Un appartement acheté faisait en moyenne 59,1 mètres carrés, il en fait 57,8 mètres carrés désormais. Le principal obstacle à l’acquisition d’un bien immobilier plus grand tient sans aucun doute au prix.

Pas d’exode urbaine en vue

Les acquisitions immobilières restent concentrées sur les résidences principales. Quid de l’envie irrépressible d’une maison de campagne née pendant la crise ? Les requêtes des internautes souhaitant « acheter une résidence secondaire » progressent de 57%, et la requête « maison de campagne » augmente de 156%. Pourtant, depuis le 11 mai 2020, les transactions sont essentiellement tournées vers la résidence principale dont la part est de 68,3%. L’achat d’une résidence secondaire représente actuellement 4,3% des achats et les acquisitions au titre de placements immobiliers locatifs sont en retrait par rapport à l’année 2019 (27,3% des transactions).

Dans l’ensemble, on n’observe pas eu d’exode des Parisiens vers la campagne, le littoral ou même vers les autres grandes métropoles. Quitter la Capitale ne semble pas si simple. Alors bien sûr, certains secteurs semblent plus attractifs que d’autres comme le Bassin d’Arcachon, le nord de la Bretagne, l’ancienne Haute-Normandie, l’Aisne, mais l’afflux d’habitants des grandes villes est marginal et les rêves exprimés en période de confinement ne se sont pas traduits dans la réalité… ou pas encore.

Le télétravail est pleinement entré dans les mœurs

Avec la crise sanitaire, 5 millions de personnes ont travaillé à distance et ce mode de fonctionnement semble bel et bien entré dans la norme. Par ailleurs, l’obligation de porter désormais un masque décourage de nombreux salariés de revenir au bureau. Selon une enquête de la National Association for Business Economics (NABE), aux États-Unis, 80% des entreprises déclarent vouloir maintenir un certain degré de télétravail lorsque la crise sanitaire sera passée. En France, beaucoup avouent y réfléchir mais peu franchissent le pas ou seulement de façon ponctuelle. Chez Dataiku, une licorne de 460 salariés présents dans trois pays (Paris, New-York et Londres), on s’interroge plus largement sur la notion même de bureau. Les salariés sont déjà habitués au télétravail et sans avoir arrêté sa décision, l’entreprise réfléchit à la généralisation d’une présence partielle des employés.

En attendant, de nombreuses entreprises passent au « flex office », un système ou chaque salarié choisit l’espace le plus adapté à sa mission : un bureau libre dans sa propre entreprise, un espace de réunion, une salle de coworking, un café, de chez lui… Pernod-Ricard, par exemple, vient d’emménager dans des bureaux flex office près de la gare Saint Lazare. « Nous devons désormais proposer des immeubles ou les salariés sont mieux au bureau qu’à la maison » explique-t-on chez Altarea, l’un des leaders de la promotion immobilière. Cela passe par du mobilier adapté (siège ergonomique, bureau réglable en hauteur) mais aussi par les services (conciergerie, restaurants, tisanerie…) et le confort des locaux. Tous les collaborateurs ne viennent plus au bureau au même moment, et il n’est plus indispensable de disposer de bureaux attitrés à chacun. Les places deviennent modulables et de nouvelles manière de travailler s’installe progressivement au sein des entreprises.

Après plusieurs années de marches très dynamiques, « aujourd’hui, on a sans doute atteint un point haut sur la densification des mètres carrés en ville », confiait aux Échos Pierre-Antoine Matrand, directeur Ile-de-France d’Arthur Loyd, un réseau d’agences spécialisées dans l’immobilier d’entreprise. Pour autant cet expert « ne crois pas à une contraction massive des mètres carrés, le marché des bureaux se concentre principalement sur l’Ile-de-France. Il devrait plutôt y avoir plus de développement d’entreprises en région », ajoute-t-il. C’est le cas de la licorne Doctolib, qui vient tout juste d’ouvrir un bureau à Nantes pour attirer de nouveaux collaborateurs. Avant elle, Betclic avait décidé de déménager à Bordeaux pour bénéficier de trois fois plus d’espace que dans leurs anciens locaux. Deezer a également annoncé s’implanter à Bordeaux pour bénéficier du dynamisme numérique de cette ville et y ouvrir plus de 40 postes. À Paris ou en Régions, le confort et le bonheur au travail des salariés devient la tendance de fond.

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