French Tech : pourquoi si peu de femmes ?

Dans le secteur des nouvelles technologies, La sphère publique a été activement représentée par les femmes. En effet, Nathalie Kosciusko-Morizet, Fleur Pellerin et Axelle Lemaire se sont succédées aux postes de ministre ou de secrétaire d’État à l’économie numérique. Sur le terrain, il en va autrement. Selon l’association StartHer qui œuvre à donner de la visibilité et susciter des vocations tech et entrepreneuriales, les femmes ne représentent que 11% des entrepreneurs de la tech française, contre 30% de l’ensemble des créations d’entreprises.

11% de start-uppeuses

Quelle est la particularité de ce secteur pour qu’il soit sous féminisé ? Pour Samantha Jérusalmy, fondatrice de l’association StartHer et partner chez Elaia, la responsabilité est double. « En plus des freins culturels et comportementaux communs à l’entrepreneuriat, les femmes sont peu nombreuses en écoles d’ingénieurs, entre 10 et 15% des futurs diplômés. En outre, elles ont souvent tendance à concevoir le développement technologique associé à leur projet comme une fonction support à out sourcer, alors qu’il fait partie intégrante du succès du projet, même pour une market-place, constate-t-elle. Les teams qui marchent reposent toujours sur la complémentarité : une vision commerciale et un savoir-faire technologique ».

En 2016, les femmes ont levé 126,6 millions d’euros, soit 7% du montant total levé en France.

Des levées plus modestes

La croissance des levées de fonds féminines s’accélère fortement, révèle la 3e édition du Baromètre StartHer KPMG(1). Sur 600 levées de fonds, 70 étaient dirigées par des femmes, soit une progression de 84% par rapport à 2015. Cependant, elles représentent à peine plus de 11% de ces start-up. Le montant moyen levé par les femmes reste, quant à lui, très en retrait, « la moitié du montant levé par les hommes ! », précise Samantha Jérusalmy.

En 2016, les femmes ont levé 126,6 millions d’euros, soit 29% de plus que à l’année précédente. Toutefois, ces levées ne représentent que 7% du montant total levé en France. Une disparité qui se retrouve à tous les niveaux. Pour Samantha Jérusalmy, cette frugalité s’explique parce que « les femmes sont plus réalistes et plus en phase que les hommes avec les réalités de marché ».

Le saviez-vous ?

À l’amorçage, les femmes lèvent en moyenne 626.000 euros contre 1 million pour le ticket moyen. Pour le premier tour, leur levée moyenne s’élève à 2,6 millions d’euros, contre 3,8. Au deuxième tour, 4,6 millions d’euros contre 7,4 millions d’euros. Il n’y a pas eu levée de fonds féminine en 4e tour en 2016 (1).

(1) Baromètre StartHer KPMG, Les levées de fonds des start-ups Tech dirigées par des femmes, février 2017)