La France, vraiment de retour ?
prev_img

L’ère de l’argent gratuit touche-t-elle à sa fin ?

prev_img

Qu’est-ce-qu’un véhicule de collection ?

La France, vraiment de retour ?

L’élection d’Emmanuel Macron, après plusieurs trimestres d’amélioration économique, a changé le regard du monde sur la France. Au-delà de l’image, la France est-elle vraiment de retour ? Même si les progrès sont incontestables, le chemin vers la grandeur retrouvée est long et semé d’épines.

Après une campagne électorale pleine de rebondissements, après avoir craint l’élection de candidats adeptes de solutions trop simples pour des temps définitivement complexes, après un long french-bashing, le monde a semblé découvrir en mai 2017, après l’élection d’Emmanuel Macron, plus jeune chef de l’Etat français depuis… Napoléon Bonaparte, le versant optimiste de ce cher et vieux pays, qui parait souvent revenu de tout. D’autant que parallèlement, le Royaume Uni, chéri des investisseurs, est empêtré dans l’écheveau du Brexit, et que l’Allemagne, souvent citée en exemple pour sa stabilité et son pragmatisme, découvre les joies d’une négociation interminable – certains esprits taquins disent même : « à la belge » – pour aboutir à un gouvernement, ce qui semble pour le moins décalé au pays de la rigueur germanique.

France is the next big thing.

Ce nouvel élan s’appuie sur des éléments concrets, d’ailleurs antérieurs à l’élection présidentielle. Le taux de marge et la trésorerie des entreprises se redresse depuis fin 2015, la mise en place de structures de financement favorables aux entreprises en croissance a permis l’éclosion de la « French Tech » et le redressement de l’économie mondiale et européenne a contribué à initier une lente décrue du chômage. L’élection d’Emmanuel Macron et les premières réformes, sur la fiscalité du capital et le code du travail, ont accéléré le changement d’opinion des investisseurs et décideurs du monde entier, pour lesquels la France se résumait bien souvent au luxe, au vin, à l’aéronautique et au TGV. Comme le disait à l’occasion d’un voyage à Paris John Chambers, alors PDG de Cisco, « France is the next big thing »…

... sauf que.

Sauf que le même John Chambers avait, la semaine précédente, à Berlin, eu à peu près les mêmes mots flatteurs pour la patrie de Goethe et d’Angela Merkel. Alors, la France est-elle vraiment de retour ? Soyons réaliste, le chemin est encore long : chemin de remise en ordre de nos finances publiques – nous sommes champions du monde du poids de prélèvement sociaux, à égalité avec le Danemark mais avec des performances sociales bien moindres – chemin de reconstruction de notre potentiel production, atteint par le sous-investissement chronique qui fait vieillir nos usines, chemin surtout de qualification et de montée en compétences de la population. Les classements éducatifs, quels qu’ils soient (OCDE, Pisa…) ,et quel que soit niveau d’éducation, nous place en queue de peloton. La tâche est longue, peu visible mais indispensable si l’on garde en tête le principe du philosophe et économiste du XVIème siècle Jean Bodin « il n’est de richesse que d’hommes ». L’auteur des « Six Livres de la République », conseiller des princes et auteur de la première théorie quantitative de la monnaie, mérite d’être écouté, même à près de cinq siècles de distance.

Wilfrid
Wilfrid Galand
Responsable de la Stratégie de Marchés de la banque privée Neuflize OBC

Diplômé de l’Essec et de Sciences Po Paris,  Wilfrid rejoint la Banque Neuflize OBC à Paris en 2003 en tant que responsable du Marketing et des Produits. Il rejoint le Luxembourg en 2007 pour prendre des fonctions de Senior Private Banker puis responsable du desk « France » au sein d’ABN AMRO Private Banking Luxembourg. De retour en 2011 à Paris, il devient responsable du Conseil en Investissement avant de devenir en 2016 responsable de la Stratégie de Marchés de la banque Neuflize OBC.

Cet article vous a-t-il intéressé ?
  • Oui (100%)
  • non (0%)

Vous souhaitez réagir à cet article