Enchères, les bonnes performances de la France en 2016

Bonne nouvelle : dans un contexte mondial ralenti, les volumes des ventes aux enchères françaises ont progressé en 2016 de 5%. Chez Christie’s, en tête avec 244,6 millions d’euros, le chiffre d’affaires grimpe de 4,5 % alors que les résultats globaux du groupe ont plongé de 16 % en livres sterling. Deuxième du podium, Sotheby’s – qui doit annoncer des chiffres mondiaux eux aussi en baisse – a engrangé 220 millions d’euros (+ 4,3 %). Troisième, la maison française Artcurial totalise près de 210 millions d’euros, soit une hausse de 10 % grâce au record d’une rare Ferrari vendue 32 millions d’euros.

Bon dynamisme de la France

La place française, qui devrait une fois encore se classer 4e derrière les Etats-Unis, la Chine et le Royaume-Uni, reste donc dynamique. Les raisons sont d’abord  structurelles. New York et Londres concentrent les records à plus de 10 millions d’euros en art moderne et contemporain, avec des pics autour de 100 millions d’euros. Détrônée depuis des années par l’Amérique, la France joue une autre partition celle des prix moyens. En 2016, l’oeuvre d’art contemporain la plus chère vendue chez nous est un tableau de Francis Bacon, Man in Blue VII parti à 6 millions d’euros chez Christie’s, et en art moderne, Squelette arrêtant masques, record mondial pour James Ensor à 7,3 millions d’euros chez Sotheby’s. Si ces résultats prouvent que Paris peut se montrer une place attractive pour vendre des oeuvres de ce calibre, les gros prix dans ces spécialités tournent de fait entre 100.000 et 1 million d’euros. La capitale se révèle ainsi moins sensible à la contraction actuelle de l’offre de haut niveau pour l’art contemporain le plus onéreux, voire spéculatif.

Des trésors à découvrir

Autre facteur : le pays est encore riche en trésors. Un dessin d’Andrea del Sarto s’est vendu à Pau pour 3,9 millions d’euros. Sous la houlette de Christie’s, une paire de portraits par Rembrandt a été vendue en gré à gré au Louvre et au Rijksmuseum d’Amsterdam (en garde partagée) pour la bagatelle de 160 millions d’euros. Par ailleurs, le prestige de Paris est intact pour disperser des collections, a fortiori constituées en France comme celle de Pierre et Zeineb Marcie-Rivière (32,5 millions d’euros chez Christie’s) dont provenait le tableau de Bacon précité ou Robert Zellinger de Balkany (19,3 millions d’euros chez Sotheby’s), riche en arts décoratifs classiques.

Des spécialités historiques

La Ville lumière demeure aussi incontournable pour des spécialités historiques tels la bibliophilie, les arts tribaux, l’archéologie et les arts asiatiques, qui permettent à l’hôtel Drouot d’afficher un résultat proche de l’an passé à 370 millions d’euros. Un sceau chinois impérial a remporté 17,5 millions d’euros sous le marteau de la société Pierre Bergé & Associés, tandis qu’un bouddha Vairocana en bronze a atteint 13,3 millions d’euros chez Christie’s. En retrait face à Genève ou New York pour les diamants et la haute joaillerie, Paris bénéficie du boom plus récent des ventes de vins, voitures de collection ou bande dessinée. Autant d’atouts pour envisager la suite avec confiance.

Le saviez-vous ?

Selon le bilan du Conseil des ventes volontaires publié en février 2017, les 10 plus grosses collections totalisent à elles seules 113,4 millions d’euros. Le secteur Art et Objets de collection gagne 5% et réalise un total 1,4 milliard d’euros.