E-santé : la France a presque tout pour réussir
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E-santé : la France a presque tout pour réussir

Vieillissement de la population, accélération des dépenses de santé, désertification médicale… l’e-santé répond à des enjeux majeurs. Son marché mondialisé poursuit son essor, mais la France peine à émerger malgré la qualité de son système de soins et le dynamisme de ses start-ups.

Recherche poussée sur les nano robots, multiplication des projets de télémédecine, progression de la télésurveillance, explosion des objets connectés pour surveiller diabète, poids, sommeil… Le secteur de l’e-santé continue de bouillonner. La récente incursion sur le marché mondial de la santé numérique des géants du web et des nouvelles technologies comme Google, Apple, Microsoft ou encore Sony est un signe révélateur de sa montée en puissance.

Une réponse à des enjeux majeurs

Les perspectives financières de l’e-santé sont colossales tant le secteur entend répondre à des défis planétaires majeurs. Outre la problématique de la désertification médicale, le vieillissement de la population mondiale entraîne une augmentation des affections chroniques (première cause de mortalité dans le monde), bousculant le parcours de soins et la gestion de la dépendance et accélérant les dépenses de santé qui pèsent déjà très lourd dans les budgets des Etats. En France, les dépenses de santé représentent plus de 11% de la richesse nationale.

Selon l’OMS, la population mondiale âgée de plus de 60 ans a doublé depuis 1980 et devrait atteindre deux milliards d’ici 2050.

Au-delà de l’informatisation des établissements de santé ou des dossiers patients, les technologies numériques permettent aujourd’hui le développement de nouveaux services dans l’ensemble de la chaîne de valeur : bien-être, information, prévention, soins, ou accompagnement du patient.

La France peine à trouver sa place

L’excellence de la médecine française, la qualité de son système de soins, son tissu industriel et le dynamisme de ses start-ups dans la santé numérique (iPact, Feetme, Umanlife Diagnologic, Hellocare…) sont reconnus. Toutefois, selon le Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (Pipame), la France reste « moyennement avancée » en matière d’e-santé, loin derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud.

En effet, l’écosystème français dans le domaine reste immature, avec des entreprises qui peinent à grossir, à se rendre visibles à l’international et qui manquent de coordination. De manière concomitante, le marché est désormais accaparé par des mastodontes de l’Internet, dotés de moyens humains gigantesques avec une capacité à collecter et analyser massivement les données.

Un cadre juridique inadapté

Le cadre réglementaire et institutionnel de la santé en France est très réglementé, y compris en matière de sécurisation des données personnelles. « De fait, c’est l’ensemble des processus, notamment administratifs, qui ne sont pas forcément adaptés à la vitesse de l’innovation en France. Il faut donc permettre un ‘fast track’ spécifique pour les TPE et les PME », argumente François Lescure, administrateur de France eHealthTech, cette association lancée fin 2015 qui réunit un peu plus de 120 start-ups de la e-santé en France.

Pourtant, la volonté politique existe. En juillet 2016, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a présenté la « Stratégie nationale e-santé 2020 » qui répond aux grandes problématiques du secteur, à savoir « mettre le citoyen au cœur de l’e-santé », « soutenir l’innovation par les professionnels de la santé », « simplifier le cadre d’action pour les acteurs économiques », et « moderniser les outils de régulation du système de santé ».

Toutefois, elle peine encore à se décliner en actions concrètes et construites. Une situation qui ne peut empêcher de rappeler l’échec du « dossier médical personnel » lancé en 2004, qui a présenté des « failles de pilotages » et une « absence de stratégie », selon un rapport très sévère de la Cour des comptes. Résultat : il ne touche qu’un peu plus de… 400 000 patients en France, soit 10 fois moins que prévu, pour un coût de 500 millions d’euros.

Le marché de l’e-santé se chiffrait à 2,7 milliards d’euros en 2014. Il progresse de 4 à 7% par an, et pourrait atteindre 4 milliards d’euros en 2020, avec la création de 28 000 à 38 000 emplois, selon l’étude de Xerfi-Precepta. Aujourd’hui, 88% de ce marché est avalé par les logiciels de partage des ressources entre hôpitaux et autres professionnels de la santé. La télésanté et la télémédecine ne représentent encore que 200 millions et 140 millions d’euros respectivement.

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