Le capital investissement : des atouts à considérer
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Le capital investissement : des atouts à considérer

Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, le capital investissement s’invite dans la banque privée auprès des particuliers. Ce type d’investissement délivre potentiellement un rendement élevé en contrepartie d’un horizon d’investissement à long terme et d’un risque de perte en capital.

Le capital investissement possède des particularités à même de satisfaire la clientèle privée, à savoir, des rendements élevés et revêtus de sens. En effet, il consiste à financer des entreprises non cotées dans leur phase initiale de développement ou en pleine croissance. En contrepartie, les sommes sont placées  pour une durée pouvant aller jusqu’à dix ans. Toutefois, la distribution des bénéfices tirés des investissements intervient bien avant l’échéance.

La vie d’un fonds d’investissement dans des entreprises non cotées (private equity) s’organise en plusieurs étapes. Pendant les quatre premières années, le fonds sélectionne et investit dans des entreprises cibles. Après cette période initiale, il commence à céder des participations et donc à verser des rendements aux investisseurs. Le multiple de sortie par rapport aux capitaux investis  étant de l’ordre de 2 (avant prise en compte des frais de gestion), la performance financière compense souvent l’absence de liquidité.

Des incitations fiscales à l’investissement

Il existe une large palette dans la nature des fonds d’investissement. Les véhicules d’investissement les plus couramment utilisés peuvent être des FCPR (Fonds Communs de Placement à Risques), des FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation) ou des FIP (Fonds d’Investissement de Proximité). Les fonds à destination des particuliers peuvent également intégrer des avantages fiscaux non négligeables. Investir dans un FCPI ou un FIP permet ainsi d’obtenir une réduction de l’Impôt sur le Revenu (IR) ou d’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF). En réformant l’ISF, le projet de loi de Finances pour 2018 prévoit de mettre fin à cette réduction d’ISF ; les souscriptions réalisées avant le 31 décembre 2017 seraient toutefois prises en compte pour la cotisation 2018.

À titre d’exemple, les contribuables domiciliés en France peuvent obtenir une réduction d’IR égale, à ce jour, à 18% des souscriptions dans ces fonds, les versements étant retenus dans la limite annuelle de 12.000 euros pour un célibataire et de 24.000 euros pour un couple. Le taux de réduction pourrait être porté à 30% dans le cadre de la loi de Finances pour 2018 en cours de discussion. De leur côté, les souscripteurs  de FCPR comme de FCPI bénéficient d’une exonération totale des plus-values réalisées à terme hors prélèvements sociaux. Pour ces deux dispositifs, les parts doivent être conservées 5 ans.

Des approches plurielles

Le capital investissement recouvre plusieurs approches dont les plus connues sont le capital-risque, le capital développement et le capital-transmission. Le premier correspond à l’investissement dans les entreprises en phase de création. Il se divise lui-même en deux sous catégories : le capital-amorçage et le capital-création. L’amorçage concerne la phase la plus précoce de la vie d’une entreprise. À ce stade, le produit ou service n’a pas encore été développé. Ce segment est donc le plus risqué.

Le capital-création est la composante principale du capital-risque, dont elle représente 90% des investissements. Il permet à l’investisseur d’acquérir les participations d’une société ayant déjà validé son business-plan et à la recherche de fonds pour lancer son activité. Le taux d’échec demeure tout de même élevé, entre 30 et 50%, selon l’Association des investisseurs en capital (AFIC).

Capital-risque, capital-développement et capital-transmission présentent des niveaux de risques différents.

Le capital-développement est moins risqué puisqu’il s’adresse aux entreprises ayant passé le cap des premières années de vie. Le capital-transmission l’est également dans la mesure où il s’intéresse aux entreprises matures qui entrent dans le dernier stade de développement et qui ne souhaitent pas poursuivre leur expansion en s’appuyant sur une introduction en bourse.

Il s’agira alors de faciliter la transmission de l’entreprise à une autre personne morale ou à une personne physique, en s’appuyant sur fonds d’investissement et une institution financière telle qu’une banque qui interviendra en cas d’opération à effet de levier pour financer la dette (LBO).

Certains fonds mixent plusieurs types d’approches, d’autres sont spécialisés. Il convient alors de choisir un fonds en fonction de son profil de risque car ce type d’investissement, comme celui dans les actions, est soumis à un risque de perte en capital.

8,1 milliards d’euros

C’est le montant des capitaux levés en France au premier semestre 2017, en hausse de 30 % par rapport à la même période de 2016. Le premier semestre 2017 est également marqué d’une présence renforcée des investisseurs français (secteur public, assureurs, personnes physiques et industriels). Enfin, 84% des entreprises investies sont françaises. Les prévisions d’investissement en capital-innovation atteignent un niveau record (x 3,4 par rapport au premier semestre 2016).

  • Source AFIC : Activité des acteurs Français du capital investissement, 28ème édition, octobre 2017
Geoffroy
Geoffroy Catrice

Geoffroy Catrice accompagne depuis 17 ans les entrepreneurs dans leurs réflexions de transmission d’entreprise (fusions & acquisitions) et de financement en fonds propres (private equity). Il a rejoint la Banque Neuflize OBC en 2006 où il a été responsable du département Corporate Finance. Il est aujourd’hui Global Head du Private Equity pour le groupe ABN AMRO Private Banking.

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