Le boom du gré à gré
prev_img

« Des fleurs pour les abeilles » pour protéger le patrimoine naturel

prev_img

Entrepreneur : les évolutions fiscales à attendre

Le boom du gré à gré

Le nombre et le volume des ventes privées ont bondi ces dernières années. Un mode privilégié pour assurer la confidentialité et adapté à des transactions très ciblées.

Longtemps réservé aux seuls marchands et galeries, le gré à gré gagne du terrain. Outre les courtiers et conseillers privés, il gagne depuis quelques années les maisons de vente. Elles sont autorisées à la pratiquer, en France, depuis la réforme de la profession en 2011, et dans le monde de longue date.

Une croissance de 144% en 2016

Le Conseil des Ventes Volontaires (CVV), qui veille sur les activités hexagonales, relève qu’entre 2015 et 2016, leur volume a bondi de 144%, pour totaliser 229 millions d’euros. Un chiffre qui doit beaucoup à la transaction spectaculaire opérée entre l’État français et le gouvernement néerlandais pour l’acquisition commune des portraits d’un couple de notables par Rembrandt, pour 160 millions d’euros.

Au niveau mondial, les ventes privées de Christie’s ont progressé de 25% (en livres sterling) et cumulent l’équivalent de 880 millions d’euros. Il est plausible que celles de Sotheby’s (non communiquées) atteignent au moins la moitié de cette somme. Comme ses consœurs anglo-saxonnes, la firme américaine a multiplié les expositions-ventes, empiétant sur le terrain des marchands classiques, et les espaces ad hoc pour les accueillir à Londres, New York ou Hong Kong. Elle a aussi développé le nombre de discrets salons permettant de présenter un tableau à quelques collectionneurs triés sur le volet. Elle a même créé un département spécifique baptisé le S|2. Si on ajoute à ces chiffres les réalisations des autres maisons de ventes internationales ou françaises, le volume des ventes de gré à gré dépasse le milliard d’euros en 2016.

Une partie des achats en ventes publiques est reporté vers les transactions privées, dans un contexte mondial politique et économique rempli d’incertitudes

Gage de confidentialité

Le dernier rapport commissionné par la Tefaf, la plus grande foire d’art et d’antiquités au monde, pointe un report possible d’une partie des achats en ventes publiques vers les transactions privées, dans un contexte mondial politique et économique rempli d’incertitudes.

Ce mode de vente séduit par sa confidentialité, sa rapidité sans les contraintes du calendrier des enchères et la faible prise de risque. Une œuvre présentée par ce biais n’apparaît pas sur le marché, elle ne risque pas de souffrir de ne pas trouver preneur, au contraire d’une vente aux enchères classique. Les maisons de ventes disposent d’un important vivier d’acheteurs potentiels en ciblant, entre autres, les sous-enchérisseurs déçus de leurs vacations.

Le canal privé s’impose notamment dans le cadre de négociations délicates entre héritiers et institutions publiques, quand une œuvre très spécifique ne concerne qu’un ou deux acheteurs éventuels, ou encore quand des grandes fortunes s’échangent de la main à la main des chef-d’œuvres, avec pour intermédiaire une maison de vente, un conseiller privé ou un marchand. Dernier exemple en date : le Portrait d’Adele Bloch-Bauer II de Gustav Klimt vendu par l’Américaine Oprah Winfrey pour 150 millions de dollars.

Un outil destiné à un large cercle

Si les plus grosses transactions du marché passent par le gré à gré et ne sont souvent ébruitées que bien plus tard, cet outil est aussi utilisé par un cercle plus large d’amateurs et collectionneurs, à l’achat comme à la revente. Avant les récentes expositions consacrées à Bernard Buffet, dont la cote est sortie d’un long purgatoire, les demandes d’achat en privé de ses toiles allaient bon train dans les maisons de vente parisiennes.

Il est aussi possible de se tourner vers certains services spécialisés tels ceux de la banque Neuflize OBC. Son département NOBC Art dispose d’un savoir-faire éprouvé en matière de ventes de gré à gré. Ses conseillers accompagnent le collectionneur dans ses démarches pour vendre en toute discrétion, en trouvant la bonne solution et le bon acheteur sur un marché parfois complexe.

Sur le même sujet

  • Vente de gré à gré : votre banque vous accompagne

Cet article vous a-t-il intéressé ?
  • Oui (50%)
  • non (50%)

Vous souhaitez réagir à cet article