Le banquier au service de la finance responsable

Les établissements bancaires doivent pouvoir accompagner leurs clients et les sensibiliser aux enjeux climatiques inhérents à leur politique d’investissement. Pour Eric Scotto Président de Akui Energy et fondateur de la fondation Akuo, « la nécessité pour les particuliers comme pour les entreprises de s’interroger sur la part verte de leurs portefeuilles afin de financer la transition énergétique va transformer le métier de banquier. Il va comporter une part grandissante de conseil ».

L’engagement de la banque Neuflize OBC

« A cet égard, notre démarche est résolument pragmatique, explique Philippe Vayssettes, Président du Directoire de Neuflize OBC. Comme toute entreprise, nous sommes attentifs à notre empreinte carbone. Le bâtiment dans lequel nous sommes installés date des années 70, et pour compenser notre empreinte carbone nous plantons des arbres. En tant que banquier notre objectif consiste à inscrire les investissements de nos clients dans la durée, poursuit Philippe  Vayssettes. La rentabilité de leurs actifs doit être véritablement durable. Nous devons aller plus loin que les règles existantes en la matière, à commencer par nous interdire d’avoir en portefeuille des actions non conformes à ces principes. Notre engagement est ancien, puisque dès 2003, ABN AMRO, notre maison mère a été à l’origine avec d’autres banques des principes de l’Equateur ».

Particuliers et entreprises vont interroger leur banquier sur la part verte de leurs portefeuilles

Les Principes de l’Equateur

Les Principes de l’Equateur engagent les banques signataires à prendre en compte critères sociaux, sociétaux et environnement dans le cadre des projets qu’elles financent. Plus d’une cinquantaine d’établissements bancaires ont adhéré à ces 10 principes qui respectent les standards édictés par la Société Financière Internationale, filiale de la Banque Mondiale et dans les projets financés.

Ces principes ont été révisés une première fois en 2006 et une deuxième fois en 2016. Comme tous les signataires, ABN AMRO et sa filiale française Neuflize OBC ont modifié leur processus d’octroi des crédits. L’emprunteur doit notamment remplir un formulaire d’évaluation environnementale et sociale dont le degré d’exigence varie en fonction de l’impact du projet.

Crédit et investissement durable

Les banques se mobilisent et font évoluer leur politique de financement. BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole en mars 2015 ont ainsi, dans une initiative très remarquée, refusé de financer les projets d’énergie fossile dans le bassin de Galilée dans l’est de l’Australie, un projet qui pouvait menacer la grande barrière de corail.

« La Société Générale est allée plus loin et a annoncé stopper ses financements dédiés aux activités charbon à partir du 1er janvier 2017 », rappelle Philippe Vayssettes. Cette décision concerne l’ensemble de ses nouveaux financements. En outre, elle a décidé de ramener la part du charbon dans la production d’énergie qu’elle finance à 19 % à fin 2020 en conformité avec le scénario 2 degrés de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Pour ce faire, la Société Générale augmentera son investissement dans le financement des énergies renouvelables pour un montant de 10 milliards d’euros d’ici 2020.