Assurance-vie : comment bien choisir un fonds en euros ?

Géraldine Motta
Géraldine Motta
Assurance
Géraldine Motta a travaillé 20 ans en compagnie d'assurance, dont 8 ans en tant que Directeur Commercial chez Allianz France où elle était notamment en charge du développement de l'activité avec les Banques privées. Elle a rejoint la banque il y a 3 ans en qualité de Directeur du Courtage Assurances où elle pilote l'ensemble des sujets liés à l'assurance.

Particularisme français, les fonds en euros rencontrent un vrai succès auprès des particuliers. Si leur taux de rémunération est à la baisse, leur succès persistant s’explique par la sécurité qu’ils offrent, le rendement étant généré, en partie, par les résultats des actifs de l’assureur qui le commercialise.

Le choix de l’assureur qui gère les sommes versées sur le contrat d’assurance-vie et en garantit le capital ainsi que les rendements annuels distribués est, dans ce contexte, crucial.

Vérifier la santé financière de la compagnie

La qualité de l’actif en euros (les investissements décidés par l’assureur) joue un rôle essentiel pour évaluer la qualité d’un contrat. La qualité de l’actif se juge aux éléments communiqués par les assureurs comme les plus-values latentes, à la réserve de capitalisation, à la provision pour participation des excédents et à la politique de distribution des bénéfices. Ainsi la présence de plus-values latentes réalisées sur des actifs immobiliers va améliorer le rendement futur d’un contrat.

La réserve de capitalisation, alimentée par les cessions des titres obligataires permet de neutraliser l’impact des plus-values et des moins-values et de stabiliser le rendement de la part obligataire du fonds : élément de richesse indispensable pour faire face à une remontée forte des rendements obligataires. Quant à la Provision pour Participation aux Excédents (PPE), elle correspond à une réserve sur les résultats financiers des actifs de l’assureur, de 0 à 15% des bénéfices. Elle est alimentée par les surplus de bénéfices financiers et est redistribuée aux assurés dans les 8 années suivant sa constitution. C’est la fameuse cagnotte de l’assureur, qui permet de lisser les résultats des années les moins favorables. Son niveau peut être vérifié dans le rapport annuel de la compagnie.

La politique de distribution, totalement discrétionnaire, est également un paramètre à prendre en compte. Pour en juger, il convient de regarder l’historique des distributions de l’assureur et de bien décrypter les conditions générales des contrats.

S’informer sur la composition du fonds

La composition du portefeuille est un autre critère essentiel à considérer. Géré comme un actif de l’assureur, le fonds en euros est investi sur des produits peu risqués, comme les obligations d’État. Certains fonds en euros réservent une part plus ou moins importante du portefeuille aux actions, à l’immobilier, réel ou papier. La répartition de ces actifs, détaillée dans le rapport annuel des compagnies d’assurance, permet d’augurer de la volatilité du rendement.

En outre, la taille du fonds est déterminante. Plus le fonds est gros, plus ses risques sont dilués. A contrario, les petits fonds permettent un pilotage plus agile mais peuvent être plus sensibles à certains aléas de marché.

Enfin, la composition du passif de l’assureur doit être examinée car elle permet de connaître ses engagements. En effet, l’actif doit couvrir, a minima, les engagements de l’assureur. Certains assureurs bénéficient d’engagements très diversifiés et naturellement protecteurs, c’est le cas des assureurs ayant des parts non négligeables d’engagement sur des produits de retraite non rachetables ou non arbitrables.

La qualité de l’actif de l’assureur joue un rôle essentiel pour évaluer la qualité d’un contrat

Ne pas négliger la politique commerciale

Un dernier point souvent sous-évalué dans le choix d’un assureur : la politique commerciale du fonds en euros. Dans un contexte de taux faibles, un assureur peut avoir tendance à freiner sa collecte, via des politiques soit de droits d’entrée sélectifs ou de contraintes en terme de répartition sur la collecte entre le support en euros et les unités de comptes, préservant ainsi sa capacité de rendement.  À l’inverse une compagnie qui continue à collecter fortement risque de diluer ses actifs en achetant des produits moins rémunérateurs.

Réserve de capitalisation : elle est alimentée par les plus-values réalisées sur les cessions de titres obligataires des assureurs. Son objectif est d’encaisser les éventuelles moins-values obligataires réalisées dans un marché haussier et donc de garantir aux assurés le rendement des contrats.

Attention depuis fin 2016, une toute nouvelle condition a été intégrée par certains assureurs : la garantie en capital, pierre angulaire de l’assurance vie, s’est transformée en garantie en capital déduction faite des frais de gestion1, cette mesure ne s’appliquant qu’aux nouveaux contrats.

Enfin, la politique tarifaire n’est pas neutre : frais de versement, frais d’arbitrage, frais de gestion annuels peuvent avoir un impact non négligeable sur le rendement d’un fonds.

 

(1) Exemple : 100 euros nets de frais d’entrée versés sur le support en euros avait une garantie en capital donné par l’assureur de 100 euros minimum durant toute la vie du contrat. Dans ces nouveaux contrats, la garantie est limitée à un minimum de 100 euros, déduction faite des frais de gestion capitalisés tous les ans ! Dans le contexte actuel, cette garantie de l’assureur reste néanmoins non négligeable. Et fort heureusement, les rendements annuels distribués s’ajoutent toujours à ce minimum garanti.