Arts Premiers : un marché florissant

Avec Bruxelles et New York, Paris est une des capitales mondiales du marché des Arts Premiers. Le musée du Quai Branly-Jacques Chirac et le très exigeant salon international des Arts Premiers, Parcours des Mondes, qui se tient chaque année en septembre, concourent à faire de Paris une place de tout premier plan en la matière.

Arts premiers : un marché en progression

Le chiffre d’affaires de ce marché augmente régulièrement. En 2014, le marché des Arts Premiers a ainsi totalisé 92,2 millions de chiffres d’affaires, une grande partie de ce montant revenant aux prestigieuses ventes de la collection Frum (Paris) et de la Kunin Collection Myron (New York). Le prix moyen pour une œuvre en vente aux enchères a doublé en 10 ans. Et pour les pièces les plus prestigieuses, on peut espérer des plus-values records. Ainsi en juin 2015, un masque double Baulé de Côte d’Ivoire acquis pour 1,3 million d’euros lors de la dispersion de la collection Vérité en 2006 s’est vendu 5,41 millions d’euros.

L’origine de l’œuvre au cœur de sa valeur

L’origine d’une pièce, son découvreur, son passage dans une collection célèbre, sa notoriété… ces facteurs participent largement à sa valorisation. L’engouement autour de l’annonce de la vente de la collection Madeleine Meunier en décembre 2016 l’illustre parfaitement. Toutes les conditions étaient réunies pour attirer les amateurs d’arts premiers. Ainsi deux collectionneurs prestigieux Aristide Courtois et Charles Ratton auxquels Madeleine Meunier a successivement été mariée, la présence d’objets de cette collection dans le célèbre film d’Alain Resnais et Chris Marker, « Les statues meurent aussi » et… bien sûr des pièces d’une très grande qualité.

L’appui-tête Luba Shankadi en bois, de la République démocratique du Congo, attribué au maître de la coiffure en cascade a été adjugé près de 2 millions d’euros, un record mondial pour cette vente qui a totalisé près de 5 millions d’euros.

Avec des pièces majeures d’une qualité muséale, le marché des Arts Premiers est florissant.

L’envolée des prix en salle des ventes

5,5 millions d’euros pour un reliquaire Kota vendu par Christie’s en juin 2015. Une statue Luba a été vendue par la même maison 8 millions d’euros en 2015. Une statue Sénoufo a été adjugée par Sotheby’s 9,68 millions d’euros en novembre 2014. Les records se succèdent en matière d’Arts Premiers même si les prix restent très inférieurs aux sommets atteints en art moderne et en art contemporain.

L’art africain garde sa place de leader sur le marché des Arts Premiers. Cependant, l’art l’océanien, moins prisé, a atteint des prix assez élevés lors des dernières grandes ventes. En 2013, la dispersion de la collection Jolika a totalisé plus de 3 millions d’euros, pour une figure de faîtage Biwat, du Moyen-Huât, bas-sépik, Nouvelle-Guinée, vendue plus de 2,5 millions d’euros. La collection Früm en 2014 a atteint 7,5 millions d’euros et a contribué à sécuriser ce marché de niche. Elle comportait, notamment, une figure Uli (Nouvelle Zélande), adjugée à 1,6 million d’euros.

Il y a deux freins majeurs au développement de ce marché. En premier lieu, la rareté des pièces encore disponibles. En second lieu, la multiplication des faux.

Le saviez-vous ?

Dernier record enregistré : lors de la vente Meunier en décembre 2016, l’appui-tête Luba Shankadi en bois, de la République démocratique du Congo, attribué au maître de la coiffure en cascade a été adjugé près de 2 millions d’euros.