Art précolombien : un marché déstabilisé

Riche d’œuvres d’une qualité esthétique exceptionnelle, le marché de l’art précolombien reste abordable. Il est cependant fragilisé par le contexte dans lequel doivent opérer ses acteurs.

De belles performances

Les très belles ventes qui se sont succédées ces dernières années ont vu certaines enchères s’envole. Il s’agissait généralement de pièces « stars » avec un pedigree ou une renommée importante. Lors de la vente Barbier Mueller en 2013, une grande Vénus callipyge, d’origine chupicuaro (400 avant J-C) est partie à plus de 2 millions d’euros. Cette Vénus est une sœur de la mascotte du musée Branly. Le Canard à l’envol, une céramique tarasque (1200-1521 après J-C), a été adjugé à 1,6 million lors de cette même vente. Là encore, il s’agit d’une pièce très connue puisque le Canard à l’envol figurait en couverture du catalogue des ventes. Plus récemment, en 2016, un masque funéraire Teotihuacan (450 à 650 après J-C) a atteint 533 400 euros et une urne funéraire anthropomorphe Zapotèque (400-600 après J-C) a été adjugée 520 700 euros. Cependant ces performances exceptionnelles ne reflètent pas la totalité du marché.

Un marché encore abordable

Le marché a été déstabilisé par le grand nombre de faux qui circulent, dont beaucoup datent du XIXe siècle. La controverse sur la divinité Maya (550-950 après J-C) vendue à un prix record de près de 3 millions d’euros dans le cadre de la dispersion de la collection Law en 2011, en est l’illustration. À la suite de cette vente, le Mexique a contesté l’authenticité de 67 lots, dont le dieu de la pluie Maya, sur les 207 lots de la vente. Le pillage des sites archéologiques alimente un trafic illicite qui fragilise le marché. Ce trafic vient légitimer la politique de revendication systématique orchestrée par les pays d’origine des oeuvres, en dépit des efforts des maisons de vente pour présenter des objets au pedigree irréprochable. Les Pays d’Amérique Latine aux premiers rangs desquels, le Mexique, le Pérou et la Colombie, ont multiplié ces dernières années les revendications, y compris tardives, compliquant singulièrement les ventes d’objets de culture mésoaméricaine. Le Pérou a ainsi revendiqué 60 des 313 pièces de la grande vente Barbier-Mueller de 2013, alors même que ces objets avaient déjà été exposés plusieurs fois en Espagne lors de la dernière décennie. Ils n’avaient, alors, pas suscité la moindre contestation. Les prochaines ventes serviront de test pour juger des perspectives de rétablissement de ce marché.

Si le marché de l’art méso-américain affiche des ventes record, il reste encore très abordable.

Un marché déstabilisé

Dans ce contexte, les prix de l’art méso-américain jouent à la baisse. Si des records continuent d’être battus, les grandes ventes n’atteignent pas leur estimation. Ainsi, la collection Vanden Avenne a totalisé 2,5 millions d’euros pour une estimation initiale entre 2,6 et 3,5 millions d’euros. Mêmes résultats en demi-teinte en 2013 pour la collection Barbier-Mueller, avec un chiffre d’affaires avoisinant 10,3 millions d’euros pour une collection majeure estimée entre 13 et 17 millions d’euros.

Cependant, les très belles pièces restent très disputées. En 2016, un masque funéraire Teotihuacan (450 à 650 après J-C) a atteint 533 400 euros et une urne funéraire anthropomorphe Zapotèque (400-600 après J-C) a été adjugée 520 700 euros. Lors de la vente Barbier Mueller en 2013, une grande Vénus callipyge, d’origine chupicuaro (400 avant J-C) est partie à plus de 2 millions d’euros. Par ailleurs, le Canard à l’envol, une céramique tarasque (1200-1521 après J-C), a été adjugé à 1,6 million lors de cette même vente. Toutefois, il s’agit de pièces « stars » avec un pedigree ou une renommée importante. En effet, la Vénus est une sœur de la mascotte du musée Branly et le Canard à l’envol figurait en couverture du catalogue des ventes.

Les prochaines ventes serviront de test pour juger des perspectives de rétablissement de ce marché.

Le saviez-vous ?

La dernière grande vente de l’art méso-américain s’est déroulée en mars 2016, à Drouot. La collection de l’industriel belge Walter Vanden Avenne rassemblait un choix exceptionnel de pièces du Mexique et du Guatemala acquises au cours des années 1960 et 1970.