Les algorithmes ne peuvent se passer de l’intelligence humaine

Depuis la victoire d’AlphaGo au printemps dernier contre le meilleur joueur mondial de go, l’intelligence artificielle est au cœur de tous les débats. Cette innovation à l’origine repose sur les algorithmes et plus particulièrement sur une nouvelle génération d’entre eux qui réplique l’activité des « réseaux neuronaux profonds ». Leur particularité : ils sont capables d’apprendre.

Le Big Data comme connaissances

Pour les élaborer, il n’est pas nécessaire, contrairement aux méthodes utilisées jusqu’à présent, de détailler chaque objet ou analyse ou même toutes les étapes à suivre pour aboutir à un résultat. Les informaticiens fournissent alors aux machines des dizaines ou des centaines de milliers d’exemples qui leurs permettront d’obtenir un résultat.

Cette nouvelle forme d’intelligence est donc indissociable du Big Data. L’explosion des données numériques alimente en effet ces algorithmes dont les résultats sont souvent très impressionnants. La contrepartie négative de ces avancées est qu’il est souvent difficile pour l’être humain de savoir – compte tenu du nombre de données en jeu et de la faculté d’apprentissage de ces machines – comment les résultats ont été obtenus et donc in fine de juger de leur pertinence.

Une complémentarité homme/machine

Cette limite démontre que, malgré leur niveau de performance, ces algorithmes ne peuvent se passer de l’intervention humaine, ne serait-ce que pour les rendre intelligibles. D’un point de vue pratique, les exemples sont nombreux d’entreprises spécialisées dans ce domaine qui utilisent de façon combinée les algorithmes et des expertises « humaines » pointues.

Ces dernières sont également indispensables pour rassurer les clients de ces nouvelles technologies qui ne sont pas encore prêts à s’en remettre entièrement à des robots ! La voiture intelligente en constitue un exemple flagrant. Dans les voitures autonomes proposées à titre d’essais par Uber dans quelques villes américaines, un conducteur est présent et intervient en cas de nécessité.

La voiture intelligente illustre la méfiance des utilisateurs à s’en remettre totalement à une machine

Un expert qui valide les choix

Dans la finance, les distributeurs de produits financiers comme les sociétés de gestion utilisent de plus en plus des « robo-advisors » ou robots conseillers financiers qui déterminent une allocation d’actifs adaptée aux clients. Là encore, l’expertise humaine n’est jamais loin. Chez Yomoni par exemple, un expert valide les choix des algorithmes aux moments déterminants comme la souscription lorsque l’épargnant définit son profil à l’aide d’un questionnaire.

Dans la plupart des secteurs, les start-ups ne proposent pas uniquement des interfaces entièrement automatisées. Les « chatbots » permettent une mise en relation entre une entreprise et ses clients. Ils interviennent pour informer et/ou traiter des questions simples et récurrentes, l’opérateur prenant le relais pour traiter des problèmes complexes.

C’est notamment ce que propose Clustaar, la start-up spécialisée dans les chatbots qui apporte une solution qui combine les opérateurs et les bots. Dans la conciergerie en ligne aussi, cette complémentarité est indispensable. Wiidii par exemple est un assistant personnel hybride qui associe intelligence artificielle et service de conciergerie classique dans le cadre d’une assistance au quotidien et lors de déplacements personnels ou professionnels. Une complémentarité qui s’impose à la fois dans l’industrie et les services.

Algorithme : suite finie et non ambiguë d’opérations ou d’instructions permettant de résoudre un problème ou d’obtenir un résultat.

Big Data : mégadonnées ou données massives produites par l’utilisation des nouvelles technologies à des fins personnelles ou professionnelles.

Chatbot ou agent conversationnel : logiciel programmé pour simuler une conversation avec le client ou prospect en langage naturel.

Robo-advisor : conseiller en gestion de patrimoine automatisé qui assure la gestion de portefeuilles en ligne avec une faible intervention humaine.